Apocalypse 2 : 1-7

Écris à l'ange de l'Église d'Éphèse:
Voici ce que dit celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite, celui qui marche au milieu des sept chandeliers d'or :
Je connais tes œuvres, ton travail, et ta persévérance. Je sais que tu ne peux supporter les méchants ; que tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas, et que tu les as trouvés menteurs ; que tu as de la persévérance, que tu as souffert à cause de mon nom, et que tu ne t'es point lassé.
Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu as abandonné ton premier amour.
Souviens-toi donc d'où tu es tombé, repens-toi, et pratique tes premières œuvres ; sinon, je viendrai à toi, et j'ôterai ton chandelier de sa place, à moins que tu ne te repentes.
Tu as pourtant ceci, c'est que tu hais les œuvres des Nicolaïtes, œuvres que je hais aussi.
Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises : A celui qui vaincra je donnerai à manger de l'arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu.

Introduction

La lettre destinée à l'église d'Éphèse nous montre son principal défaut : elle est devenue une église activiste, elle fait beaucoup d'activités dites chrétiennes tout en ayant perdu l'amour pour le Seigneur.

Cela est étonnant et nous pouvons nous demander comment cela est-ce possible ?
Nous pouvons penser à Marthe, qui s'affairait aux tâches ménagères et oubliait totalement d'écouter Jésus (Luc 10 : 40-41).

Cette lettre doit nous (les églises chrétiennes) faire stopper dans notre planning et nous demander : est-ce que Jésus est bien le centre de notre église ?

Évidemment, la réponse est liée à la question : est-ce que Jésus est le centre de la vie des membres de l'église ?

Ceci est important parce qu’il serait fâcheux de mener une vie ecclésiastique et à notre mort entendre le Seigneur Jésus nous dire :

Je vous le dis en vérité, je ne vous connais pas.
Matthieu 25 : 12

1. Celui qui parle

L'auteur de cette lettre est celui qui tient les sept étoiles dans sa main, celui qui marche au milieu des sept chandeliers d’or.
D'après Apocalypse 1 : 13, 16, il s'agit de Jésus Lui-même et Apocalypse 1 : 20 nous donne la signification des symboles :

  • Les sept étoiles sont les sept anges des églises, c'est-à-dire, leurs responsables. En effet, jamais un ange n'a eu cette charge mais Jésus, Lui l'a donné à des hommes (Éphésiens 4 : 11).
  • Les sept chandeliers sont les sept églises.

Jésus se présente donc comme le maître de l'Église. Donc, lorsqu’Il parle aux responsables des églises, c'est avec autorité. Une autorité comparable à celui d'un maître qui parle à ses ouvriers.

En se présentant comme maître de l'Église universelle, Jésus rappelle que c'est lui qui décide si une église locale peut exercer un ministère ou non.
Cela doit susciter la crainte pour le Seigneur dans nos églises.

Remarquons que le verbe « tenir » en grec a une nuance réconfort donc nous voyons là tout l'amour du souverain berger.

Cela doit susciter aussi un amour réciproque pour le Seigneur.

2. Ce qui est bon

Le maître des églises est apte à discerner ce qui est bon, et dans son amour, il nous encourage en relevant ce qui est bon dans cette église.

2.1. Son œuvre, son travail et sa persévérance

En grec, langue originale du texte, les mêmes mots sont employés pour l'église à Thessalonique :

... nous rappelant sans cesse l'oeuvre de votre foi, le travail de votre charité, et la fermeté de votre espérance en notre Seigneur Jésus Christ, devant Dieu notre Père.
1 Thessaloniciens 1 : 3

Nous pouvons donc voir une certaine maturité dans cette église. Nous voyons l'œuvre de la foi (allusion au travail concret et visible), le travail de son amour (consécration, dévouement) et sa persévérance liée à une espérance du retour de Christ.

Ces œuvres, ces travaux et cette persévérance n'ont de sens qui s'ils sont accomplis dans le but de plaire à Christ sinon, cela se transformera en une église qui s'étouffe dans l'activisme.

L'amour du Seigneur nous aidera à pratiquer les bonnes œuvres que le Seigneur aura préparées d'avance pour nous (Éphésiens 2 : 10) et Il nous mettra à cœur la vraie consécration (Philippiens 2 : 13).

2.2. Ne pas supporter le méchant

Cette église devait vivre dans l'équité. Elle ne supportait pas les œuvres des méchants. La méchanceté peut prendre diverses formes mais dans tous les cas, elle doit être rejetée de nos congrégations.

Mais attention, sans l'amour pour le Seigneur, le rejet de la méchanceté peut devenir du légalisme qui n'amène que de la condamnation. Ne serions alors des coupables qui condamnent d'autres coupables !

Nous devons bannir de nos églises tout péché tout en entretenant l'amour pour le pécheur, cet amour que le Seigneur leur porte.

2.3. Éprouver/discerner les faux apôtres

Paul avait prévenu que de faux docteurs viendraient lors de son passage dans cette église (Actes 20 : 28-32). Cette mise en garde est toujours vraie pour nos églises, nous devons faire attention que des loups n'y entrent pas. Comment les reconnaître ?

Ce sont des écueils dans vos agapes, faisant impudemment bonne chère, se repaissant eux-mêmes. Ce sont des nuées sans eau, poussées par les vents ; des arbres d'automne sans fruits, deux fois morts, déracinés ;
Jude 1 : 12

Mais sans l'amour du Seigneur, ce discernement se transformerait en sentiment de supériorité. L'orgueil de penser que notre église SAIT mieux que tout le monde, et de toute façon, hors de notre église, il n'y a point de salut !

Nous devons rester humbles, et le seul moyen, c'est qu'ensemble, nous cultivons l'amour du Seigneur afin de savoir accueillir, prier, encourager les vrais frères et mettre dehors les loups.

2.4. Ne pas se lasser malgré les afflictions

L'église d'Éphèse ne s'est pas lassée malgré les difficultés. Elle est restée ferme dans sa doctrine et sa fonction d'église de Jésus-Christ.

Mais sans l'amour du Seigneur, cette persévérance se transforme en entêtement borné et dépourvu de sens. Nous ne savons plus pourquoi nous avançons mais nous avançons. Cela peut amener à l'une des deux extrémités suivantes :

  • Maintenir des coutumes d'église sans vie, sans intérêt pour quiconque.
  • Réformer toute la vie de l'Église sans vision spirituelle, et se lancer dans des missions pour lesquelles des associations culturelles seraient plus qualifiées.

La vie change et avec l'amour du Seigneur, l'église réagira de manière spirituelle aux agressions extérieures.

3. Ce qui est mauvais

Ce qui est très dangereux pour cette église, c'est l'abandon du premier amour. Cela rappelle ce que le Seigneur disait déjà à Israël :

Ainsi parle l'Éternel : je me souviens de ton amour lorsque tu étais jeune, De ton affection lorsque tu étais fiancée, Quand tu me suivais au désert, Dans une terre inculte.
Jérémie 2 : 2

Le premier amour est comparable à l'amour au début d'une relation entre un homme et femme. Au début, ce qui compte, c'est l'autre personne et non pas les activités. Mais avec le temps, les choses s'inversent, ce sont les activités qui prennent plus d'importance que la personne aimée si bien que les activités peuvent se faire sans le conjoint :-(

Le risque qui peut survenir lorsque les activités prennent le dessus sur l'amour du Seigneur, c'est de ne plus être un ouvrier de Dieu mais être un ouvrier pour soi-même, d'un point de vue :

  • De la doctrine => ce qui amène les hérésies.
  • Des activités => s'user pour des choses qui ne dureront pas éternellement.
  • De l'espérance => regarder aux choses de la terre, choses qui amèneront le désespoir car elles sont vaines.

4. Ce qui reste à faire

Si après un audit interne, nous constatons que notre assemblée a perdu son premier amour, nous devons d'urgence nous repentir.
Un aspect de la repentance est de se souvenir d'où nous venons. Cela nous rappellera à quel point le Seigneur nous a aimés, car c'est bien la clé pour retrouver notre premier amour : comprendre l'amour de Jésus pour nous.

Pour nous, nous l'aimons, parce qu'il nous a aimés le premier.
1 Jean 4 : 19

Donc, retrouver notre premier, c'est méditer l'amour du Seigneur et cela aura au moins quatre conséquences :

  • Se maintenir sous la direction du Saint-Esprit.
  • Tenir ferme lors des épreuves.
  • Garder le bon dépôt de la foi.
  • Regarder à Christ et hâter son retour.

Avec l'amour du Seigneur, le fruit de nos actions aura une portée éternelle.

5. Avertissement

Sans cet amour, le Seigneur nous avertit qu'Il ôtera le chandelier de sa place, c'est-à-dire qu'Il enlèvera à l'église locale son identité et ses fonctions.
Le Seigneur Jésus, en tant que chef de l'Église, a cette prérogative et en attendant son retour, l'église locale doit s'efforcer de Lui être fidèle.
Cela doit être un travail collectif selon qu'il est écrit :

entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes, et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant de tout votre cœur les louanges du Seigneur ; rendez continuellement grâces pour toutes choses à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ
Éphésiens 5 : 19-20

6. Remarques

Toutefois, l'église d'Éphèse avait une haine des œuvres des nicolaïtes :
Le même problème existait pour l’église de Pergame. Cette hérésie ressemblait à celui de Balaam ; qui s'est laissé acheter pour maudire le peuple de Dieu alors qu'il était un prophète de Dieu.

Selon Irénée (un père de l'Église), Nicolas serait le même que le diacre nommé en Actes 6. De par sa position de diacre, il aurait entrainé des membres de l’église à l’immoralité. Hippolyte et Clément d’Alexandrie (deux autres pères de l'église) vont dans le même sens. Cela montre que le Seigneur est intervenu à temps parce qu'Il y a encore l'action du Saint-Esprit (discernement) dans cette église.

Nous voyons là tout l'amour de Christ pour son église, son épouse, car Il ne l'abandonne pas à elle-même.

7. Promesse au vainqueur

Celui qui vaincra est celui qui prêtera bien attention à ce qui vient d'être dit et le mettra en pratique. Il mangera de l’arbre de vie (cf : Genèse 2 : 9 / Apocalypse 22 : 2). Cela signifie qu'il jouira de la vie éternelle.

Or, un chrétien, et donc l'Église (ensemble des chrétiens), est par définition un vainqueur (1 Jean 5 : 4).

Nous pouvons louer le Seigneur de cette victoire, qui est en réalité la sienne parce que :

Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus Christ.
Philippiens 1 : 6