Introduction

La Bible n'est pas simplement une compilation d'Écrits et de Lettres dont les diverses parties sont indépendantes des unes des autres. Elle forme un Texte singulier et cohérent qui présente le plan de Dieu pour l'humanité. Or, pour saisir ce plan, il faut interpréter la Parole de Dieu.

Remarquons en introduction que la différence entre les Saintes Écritures et un autre livre se situe dans le fait que le but d'une lecture biblique est de L'interpréter en vue d'En tirer une ou plusieurs applications concrètes dans notre vie, selon qu'il est écrit :

mettez en pratique la Parole, et ne vous bornez pas à l'écouter, en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements. (Jacques 1 : 22)

Pour atteindre ce but, lorsque nous lisons différents passages de la Bible, nous voyons qu'il y a 3 façons de lire les versets pour bien les interpréter :

  • Faire une lecture allégorique.
  • Faire une lecture littérale.
  • Faire une lecture spirituelle.

Nous verrons que pour un même texte, l'une des deux premières formes de lectures peuvent s'appliquer, et parfois même les deux premières formes sont valables en même temps, mais dans tous les cas, il faut avoir en plus une lecture spirituelle, si du moins l'Esprit de Dieu habite en vous. Cette dernière façon de lire la Bible est une lecture soutenue par l'Esprit-Saint. Elle aura pour fruit de révéler Jésus-Christ dans toutes les parties de la Bible, selon ce que Jésus disait Lui-même sur la manière dont nous devons comprendre la Bible :

Puis il (Jésus) leur dit : C'est là ce que je vous disais lorsque j'étais encore avec vous, qu'il fallait que s'accomplît tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les psaumes. (Luc 24 : 44)

Avant de nous lancer dans les définitions et les exemples, je voudrais expliquer la haute importance de ce billet. Deux chrétiens sauvés qui aiment autant le Seigneur l'un que l'autre ne seront pas forcément d'accord sur la manière de lire un même texte. Alors, comment arbitrer ?

Ce billet n'a pas la prétention de résoudre toutes les grandes polémiques théologiques mais de rappeler un principe simple :

C'est la Bible Elle-même qui nous invitera à choisir la bonne interprétation.

Ainsi, il n'y a pas une forme plus préférable à une autre. La meilleure manière de La lire est celle que la Bible exige du passage.

Déjà, si on garde cette règle, je pense qu'on aura compris une bonne partie de la Bible et cela nous donnera déjà un programme énorme à mettre en application.
Pour le reste, on peut avoir des convictions mais ceux qui se battent pour imposer leur interprétation sur des thèmes qui ne sont pas trop développés dans la Bible prendront le risque de tomber dans de vaines discutions stériles.

Que le Seigneur nous aide donc à faire confiance à la Bible Elle-même pour bien L'interpréter.

1. Lecture allégorique

1.1. Définition

Une allégorie est une illustration d'une réalité par un fait non réel. Cela sous-entend que l'histoire elle-même n'est pas vraie mais l'enseignement fait référence à une grande vérité. Les paraboles de Jésus en sont de parfaits exemples.

Le but des allégories dans la Bible est de véhiculer un enseignement. En général, il y a 2 ou 3 enseignements forts dans un texte allégorique et il ne sert à rien de s'attarder sur les détails secondaires.

1.2. Exemple 1 : Le fils prodigue

Jésus a souvent employé les paraboles. Il a choisi des situations de la vie courante pour délivrer un enseignement percutant. Par exemple, nous trouvons la parabole du fils prodigue dans Luc 15.

Pourquoi disons-nous qu'il s'agit d'une allégorie ? Pourquoi pouvons être certain que cette histoire n'a jamais vraiment eu lieu ?

Tout simplement parce que la Bible nous dit qu'il s'agit d'une parabole (Luc 15 : 3). Donc il y a dans ce cas 3 enseignements forts à retenir :

  • La perfection du père qui montre l'attitude de Dieu dans sa sainteté et son amour.
  • Le retour du fils perdu qui montre l'attitude d'un pécheur repentant.
  • L'avertissement pour ceux qui agissent comme le fils ainé, c'est-à-dire ceux qui ont perdu la joie du salut
.
1.3. Exemple 2 : Lazare (le pauvre)

Jésus raconte cette histoire dans Luc 16 : 19-31.

Dans ce passage, rien ne nous indique dans le texte qu'il s'agit d'une allégorie. Je crois donc qu'il faut appliquer à ce passage une lecture littérale, c'est-à-dire que je crois que Jésus nous rapporte des faits historiques.

De toute manière, quel que soit notre point de vue sur l'histoire de Lazare, les grandes vérités sur le jugement de Dieu, l'enfer et le repos d’enfants de Dieu au paradis restent une réalité.

En effet, nous retrouvons ces vérités sous forme d'enseignement doctrinal ailleurs dans la Bible :

et le diable, qui les séduisait, fut jeté dans l'étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles... Quiconque ne fut pas trouvé écrit dans le livre de vie fut jeté dans l'étang de feu. (Apocalypse 20 : 10 & 15)
1.4. Les illustrations que Jésus prend pour Lui-même

Jésus dit :

je suis la porte (Jean 10 : 9)

Lorsque Jésus se compare à une porte de bergerie, le bon sens voudrait que nous soyons d'accord pour dire que c'est une image pour illustrer une grande vérité. Jésus n'est pas à proprement parler une porte avec des gongs mais l'enseignement global de ce passage montre qu'Il est le passage obligatoire pour arriver au repos céleste.

Mais je profite de cette évidence pour dire que si je crois que Jésus n'est pas littéralement une porte, c'est parce que la Bible ne dit rien de tel ailleurs.

Après un exemple facile, je voudrais prendre un cas un peu plus difficile. Jésus dit :

car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. (Jean 6 : 55)

Sur la base de ce verset, des groupes religieux croient à la transsubstantiation (lors de la messe, le prêtre change réellement le vin en sang de Jésus et l’Hostie en chaire de Jésus).

Pourquoi prendrais-je ce passage comme une allégorie ? Tout simplement parce que c'est la Bible Elle-même qui enseigne que c'est une illustration d'une grande vérité. En effet, nous savons que :

  • La Pâque juive était une commémoration de la sortie d’Égypte et non la reproduction de ce qui s'est passé.
  • Dans Jean 6, Jésus se présente comme le pain de vie. (Est-il vraiment du pain ?)

Enfin, le passage de Jean 6 se termine par les propos de Jésus :

c’est l'esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. (Jean 6 : 63)

En disant que ces propos sont esprit et vie, Jésus dit à ses disciples qu'ils ne doivent pas être choqués comme la foule mais le Saint-Esprit leur expliquera la grande vérité qu'Il a illustrée en parlant de ce qui sera plus tard la Saint-Cène.

D’ailleurs, Jésus a tenu ses promesses puisque nous voyons dans la première église qu'il s'agissait bien simplement de pain, selon qu'il est écrit :

ils persévéraient dans l'enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières. (Actes 2 : 42)

Ainsi, c'est la Bible Elle-même qui éclaire les propos de Jésus dans Jean 6.

1.5. Première conclusion

Un passage allégorique est donc une histoire qui n'a pas eu lieu. Elle est quand même très importante parce qu'elle est une illustration de la grande vérité que Dieu veut enseigner.

Comment pouvons-nous dire qu'un passage biblique est une allégorie ?

Nous pouvons l'affirmer lorsque la Bible Elle-même le dit. Si nous avons un doute, nous devons voir ailleurs dans la Bible si c'est enseigner de manière allégorique ou littérale.

Une fois que nous avons fait l'étude du Texte, on peut croire ou non la Bible mais ne mettons pas au rang d'allégorie ce que la Bible dit de manière littérale et réciproquement, ne lisons pas de manière littérale ce que la Bible présente comme allégorique.

2. Lecture littérale

1.1. Définition

Une lecture littérale est une lecture où on prend au premier degré le verset que nous lisons. Cette façon de lire est applicable par exemple quand la Bible rapporte des faits historiques.

Une fois de plus, le lecteur est libre ou non d'accepter la version biblique mais si on s'en tient à un exercice d'interprétation, on doit reconnaître que certaines parties de la Bible sont à considérer comme des faits réels.

2.2. Exemple 1 : La création

Le premier exemple qui me vient en tête est le récit de la création. Il est écrit :

Dieu dit : que la lumière soit ! Et la lumière fut. (Genèse 1 : 3)

Ainsi, celui qui met sa foi dans la Bible croit que la source de la lumière vient du décret de Dieu lorsqu'Il ordonna que la lumière fut.

Face à la pression de ceux qui mettent leur foi dans la science moderne, certains chrétiens pensent que le récit de la création n'est pas à prendre de manière littérale mais de manière allégorique.

La question est donc de savoir comment arbitrer. Laissons la Bible parler pour Elle-même.

Jamais la Bible ne montre que ce récit est à prendre de manière allégorique. Au contraire même, les Saintes Écritures donnent des applications pour nos vies car Elle présente la création relatée dans Genèse 1-2 comme un fait historique.

Car en six jours l'Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s'est reposé le septième jour : c'est pourquoi l'Éternel a béni le jour du repos et l'a sanctifié. (Exode 20 : 11)
2.3. Exemple 2 : La délivrance d’Égypte

Notons que si la Bible relate littéralement un fait historique, c'est toujours pour nous enseigner une grande vérité. Voyons un exemple de texte où la Bible nous invite à avoir une double lecture (littérale et allégorique). Il est écrit :

or, ces choses sont arrivées pour nous servir d'exemples, afin que nous n'ayons pas de mauvais désirs, comme ils en ont eu. (1 Corinthiens 10 : 6)

Dans ce passage, l'apôtre Paul dit clairement que ce qui est arrivé au peuple d'Israël lors de leur exode de l’Égypte vers le pays promis s'est réellement déroulé. Donc, la Bible présente les plaies d'Égypte et la traversée de la mer Rouge comme des faits historiques.

Ceci dit, ces faits historiques ont aussi une valeur allégorique parce qu’il est légitime de les prendre comme exemple pour illustrer le combat dans la vie du chrétien pour demeurer dans la sainteté de son Dieu.

Nous avons un exemple ici où le chrétien doit faire l'effort de lire les péripéties de la sortie d'Égypte à un double niveau :

  • Faire une lecture littérale :
    Prendre les récits comme des faits historiques qui se sont réellement accomplis.
  • Faire une lecture allégorique :
    Le peuple d'Israël peut être comparé à un chrétien qui rencontre des tentations de rejeter Celui qui l'a sauvé.

Nous retrouvons la même chose avec l'histoire des femmes d'Abraham, Sara et Agar, selon qu'il est écrit :

ces choses sont allégoriques ; car ces femmes sont deux alliances. L'un du mont Sinaï, enfantant pour la servitude, c'est Agar, car Agar, c'est le mont Sinaï en Arabie — et elle correspond à la Jérusalem actuelle, qui est dans la servitude avec ses enfants. Mais la Jérusalem d'en haut est libre, c'est notre mère. (Galates 4 : 24-26)

Le chrétien doit faire l'effort d'avoir une double lecture lorsqu'il lit ces histoires parce que la Bible Elle-même l'exige.

2.4. Exemple des prophéties

La Bible est un Livre qui présente énormément de prophéties. Lorsque nous lisons les prophéties, elles peuvent être présentées sous une forme allégorique ou sous forme de fait historique littérale mais, leur accomplissement futur se fera de manière littérale. Prenons par exemple une prophétie concernant le roi David :

malheur ! car ce jour est grand ; il n'y en a point eu de semblable. C'est un temps d'angoisse pour Jacob ; mais il en sera délivré.
En ce jour-là, dit l'Éternel des armées, Je briserai son joug de dessus ton cou, Je romprai tes liens, Et des étrangers ne t'assujettiront plus.
Ils serviront l'Éternel, leur Dieu, Et David, leur roi, que je leur susciterai.
Et toi, mon serviteur Jacob, ne crains pas, dit l'Éternel ; ne t'effraie pas, Israël ! Car je te délivrerai de la terre lointaine, Je délivrerai ta postérité du pays où elle est captive ; Jacob reviendra, il jouira du repos et de la tranquillité, Et il n'y aura personne pour le troubler. (Jérémie 30 : 7)

Dans le texte, rien n'indique que l'accomplissement de la promesse que Dieu fait à Israël est à prendre de manière allégorique.

Notons que le passage est tiré du Livre de Jérémie. Donc, puisque la Bible nous impose une lecture littérale de ce passage et que le royaume de David n'a pas encore connu de paix, cela signifie que la prophétie n'est pas encore réalisée littéralement.

Mais, nous savons que Dieu accomplira réellement ce qu'Il a annoncé. Même si en attendant son accomplissement, nous pouvons déjà tirer de nombreux enseignements, cela ne permet pas de reléguer ce passage au rang d'une simple allégorie.

Mais la question très importante est de savoir comment le Seigneur va tenir sa promesse de manière littérale.

Une fois de plus, laissons la Bible dévoiler le plan de Dieu et voyons comment la Bible parle les thèmes relatifs aux promesses et aux prophéties données à Israël.

Lorsque nous voyons comment le Nouveau Testament développe ces thèmes nous arrivons à la conclusion suivante : à la lumière de la Bible, la lecture littérale nous impose d'avoir une lecture qui conduit à Jésus-Christ. Or, cette lecture n'est possible qu'avec l'aide du Saint-Esprit et c'est pour cela qu'il convient d'appeler cette lecture « spirituelle ».
2.5. Deuxième conclusion

Avant de voir ce qu'est une lecture spirituelle, rappelons simplement qu'une lecture doit se faire manière littérale si le contexte ne nous invite pas à prendre le texte de manière allégorique. Cela est d'autant plus vrai quand la doctrine est rappelée dans d'autres passages.

Cela peut bousculer l'entendement du lecteur (ex : les miracles) mais le chrétien se soumettra au texte biblique par la foi.

3. Lecture spirituelle

3.1. Définition

Tous les versets de la Bible sont donc à lire de manière littérale ou de manière allégorique sachant que beaucoup de faits rapportés ont aussi une portée allégorique.

Mais comme la Bible est la Parole de Dieu, écrite sur papier par des hommes sous l'inspiration du Saint-Esprit, tous les versets ont aussi une portée d'ordre spirituel. Comprenons bien qu'une lecture spirituelle n'est pas à opposer aux deux autres formes de lecture mais elle est un troisième niveau.

Pour comprendre la définition d'une lecture spirituelle, il faut comprendre le rôle du Saint-Esprit. Jésus dit :

quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera, parce qu'il prendra de ce qui est à moi, et vous l'annoncera. (Jean 16 : 14)

Ainsi, le rôle du Saint-Esprit est de glorifier le Christ. Une lecture spirituelle a donc pour but de magnifier Jésus-Christ.

Comme dirait l'autre, chaque verset amène au Messie. Jésus dira cela autrement :

puis il leur dit : C'est là ce que je vous disais lorsque j'étais encore avec vous, qu'il fallait que s'accomplît tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les psaumes. Alors il leur ouvrit l'esprit, afin qu'ils comprissent les Écritures. (Luc 24 : 44-45)

Dans ce passage, Jésus dit aux deux disciples du chemin d'Emmaüs que toute la Bible parle que de Lui. C'est en comprenant cela que leurs esprits se sont ouverts et qu'ils ont compris la Bible.

Ainsi, pour comprendre vraiment la Parole de Dieu, il faut avoir une lecture spirituelle des versets, c'est-à-dire comprendre que chaque verset parle avant tout de ce que Jésus-Christ fit, fait ou fera ; ou alors de ce que Jésus fut, est ou sera...

Remarquez que par définition, la foi dans la lecture spirituelle n'est accessible que si le Saint-Esprit agit dans le cœur du lecteur. Voyez comment l’apôtre Paul parle de son enseignement :

et nous en parlons, non avec des discours qu'enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu'enseigne l'Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles.
Mais l'homme animal ne reçoit pas les choses de l'Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c'est spirituellement qu'on en juge.
L'homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n'est lui-même jugé par personne. (1 Corinthiens 2 : 13-15)

L'homme animal est celui qui n'a pas été régénéré dans son intelligence par le Saint-Esprit. La Bible est pour lui dans le meilleur des cas un bel Ouvrage qui montre la façon de vivre sur terre. Mais pour celui qui a été touché par le Saint-Esprit, la Bible est beaucoup plus que cela : c'est un Livre qui montre la beauté de l'œuvre de Dieu accomplie par son Fils.

3.2. Exemple de la Pâque

Il est écrit :

faites disparaître le vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle, puisque vous êtes sans levain, car Christ, notre Pâque, a été immolé. (1 Corinthiens 5 : 7)

Dans ce passage, la Bible nous apprend que nous devons lire le récit de la Paque juive relatée dans Exode 12 sur 3 niveaux :

  • Aspect littéral : L'histoire s'est passée comme la Bible la raconte.
  • Aspect allégorique : Le chrétien peut trouver des applications pour sa vie de tous les jours (enlever le vieux levain <=> abandonner notre ancienne manière de vivre)
  • Aspect spirituel : La Paque juive parle avant tout de ce que Jésus accomplira sur la croix.

Ce dernier point est important parce qu'il nous permet de comprendre d'autres textes (Ésaïe 53...) ou de comprendre pourquoi Jean-Baptiste affirme :

voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. (Jean 1 : 29)
3.3. Israël

Pour comprendre les prophéties non accomplies, nous devons voir comment la Bible définit certains mots maintenant que Jésus-Christ a tout accompli sur la croix.

Il n'est pas question de partir dans des considérations mystiques comme la numérologie. Il est juste question de se soumettre aux nouvelles définitions que le Nouveau Testament enseigne afin de saisir la portée spirituelle d'un texte.

Il est écrit :

puis un rameau sortira du tronc d'Isaï, Et un rejeton naîtra de ses racines. (Ésaïe 11 : 1)

Tout le monde est d'accord pour dire qu'il s'agit d'une prophétie messianique énoncée sous forme d'une allégorie (un rameau qui repousse à partir d'un tronc). Mais cela ne parle pas seulement du Messie (le rameau). Elle parle aussi d'Israël (le tronc coupé dont il ne reste que les racines).

Nous comprenons d'après la Bible que Jésus sera le nouvel Israël et c'est pour cela qu'Il dira :

je suis le vrai cep (Jean 15 : 1)
En effet, une lecture spirituelle, c'est-à-dire une lecture où l'Esprit-Saint glorifie Jésus-Christ dans nos médiations bibliques, nous remarquons que Jésus a parcouru tout le chemin emprunté par Israël. Nous pouvons voir cela dans l'Évangile de Matthieu :
  • Il est le descendant d'Abraham et de David (Matthieu 1 : 1)
  • Il a été appelé hors d'Égypte (Matthieu 2 : 15)
  • Il a traversé la mer Rouge en se faisant baptiser (Matthieu 3 : 15)
  • Il a été éprouvé dans le désert (Matthieu 4 : 1)
  • Il a été digne de recevoir la Loi avec le sermon sur la Montagne (Matthieu 5-7)
  • Il a conquis le pays promis par les miracles qu'il a faits (Matthieu 8-9)
  • Il est celui qui est la tête de l'armée de Dieu lorsqu'Il envoya les disciples chasser les démons (Matthieu 10)
  • ... etc...

Avant de voir les conséquences, voyons pourquoi nous pouvons nous permettre d'avoir cette lecture spirituelle.

Tout simplement parce que toute la Bible parle d'un Messie victorieux dans les domaines où l'homme a failli, selon qu'il est écrit :

Les disciples, ayant entendu cela, furent très étonnés, et dirent : Qui peut donc être sauvé ? Jésus les regarda, et leur dit : aux hommes cela est impossible, mais à Dieu tout est possible. (Matthieu 19 : 25-26)

Il est important de se rappeler que si Dieu a suscité un peuple saint à partir d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, c'était pour accueillir le monde dans la sainteté de Dieu. Nous voyons que cela avait déjà commencé avec Rahab la Cananéenne, Ruth la Moabite, la conversion de Ninive avec le ministère de Jonas...

Mais Israël a violé l'Alliance actée sur le mont Sinaï donc, le monde n'a pas pu être sauvé par le ministère confié à Israël. À ce titre, s'il n'y a plus de temple pour se réconcilier avec Dieu et pour pratiquer un culte, plus personne ne pourra être sauvé.

Est-ce que Dieu va laisser Satan gagné ?

En effet, n'oublions pas que ce que Dieu avait en vue dès le départ avec Adam et Ève était de régner sur la terre avec un vis-à-vis à son image. Avec la descendance d'Adam, l'image de Dieu aurait été sur toute la terre. Mais à cause du péché, c'est l'image de Satan qui s'est répandue.

Si Dieu a voulu sauver l'homme, c'est pour conserver son plan initial. Il veut partager avec l'homme son règne et Il veut agir par les hommes pour inclure d'autres dans son plan.

Malheureusement, tous les groupes d'hommes ont échoué à cause de leur iniquité. Cela est vrai pour les enfants d'Adam et Ève, Noé, Abraham, Jacob et ses 12 enfants ou même les rois d'Israël. Dieu ne peut pas compter sur les hommes pour répandre son Esprit sur terre.

Il a donc pris les choses en main en la personne de Jésus-Christ. Le salut par la foi ne doit pas être réduit au fait qu'une personne née de nouveau échappe à l'enfer. Le salut par la foi signifie que Dieu nous a ouvert la route pour partager sa sainteté.

Voici ce qui est dit au commencement de l'Église :

mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. (Actes 1 : 8)

Grâce à l'œuvre de Jésus-Christ, Dieu va littéralement tenir ses promesses car toutes les bénédictions faites à Israël ne sont pas abolies. Dieu attendait juste la bonne personne qui soit digne de les recevoir.
Or, le seul qui soit digne de recevoir les promesses de Dieu et d'accomplir ses prophéties est Jésus-Christ, selon qu'il est écrit :

il vint, et il prit le livre de la main droite de celui qui était assis sur le trône. Quand il eut pris le livre, les quatre êtres vivants et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l'agneau, tenant chacun une harpe et des coupes d'or remplies de parfums, qui sont les prières des saints. Et ils chantaient un cantique nouveau, en disant : tu es digne de prendre le livre, et d'en ouvrir les sceaux ; car tu as été immolé, et tu as racheté pour Dieu par ton sang des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, et de toute nation ; tu as fait d'eux un royaume et des sacrificateurs pour notre Dieu, et ils régneront sur la terre. Je regardai, et j'entendis la voix de beaucoup d'anges autour du trône et des êtres vivants et des vieillards, et leur nombre était des myriades de myriades et des milliers de milliers. Ils disaient d'une voix forte : l’agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l'honneur, la gloire, et la louange. (Apocalypse 5 : 7-12)

Ainsi, Dieu a tenu littéralement ses promesses :

  • Le salut vient des juifs, ou plus précisément du seul juif qui n'a jamais failli face à la Loi : Jésus de Nazareth.
  • Dieu va lui donner un royaume composé de sujets venant de toutes les familles de la terre, selon la promesse faite à Abraham.
  • Il régnera sur une nouvelle terre et de nouveau où il n'y aura plus d'anathème (le paradis de Dieu)
  • Il apportera la paix sur la terre (le paradis de Dieu)
  • Il sera la lumière de nation (le paradis de Dieu)
  • Il règnera sur la nouvelle Jérusalem

Conclusion

Un texte peut être lu de manière :

  • Une allégorie (ex : les paraboles) dont le but est de donner un enseignement.
  • Un fait littéral (ex : la création) dont le but est de nus relater ce qui s'est passé.
  • Ou les deux à la fois

Mais dans tous les cas, tous les versets de la Bible doivent être lus de manière spirituelle. C'est-à-dire qu'ils doivent magnifier Jésus-Christ parce qu'Il est l'alpha et l'oméga : il est la source et la finalité de toutes les Écritures.

La Bible dit :

pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l'esprit, si du moins l'Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, il ne lui appartient pas. (Romains 8 : 9)

Si notre conduite doit être dirigée par l'Esprit de Dieu, à combien plus forte raison, notre lecture de la Bible doit-elle être aussi conduite par l'Esprit de Dieu !

Et l'œuvre de l'Esprit, c'est de glorifier Jésus-Christ.