Actes 1 : 1-8 & 2 : 1-4

Théophile, j'ai parlé, dans mon premier livre, de tout ce que Jésus a commencé de faire et d'enseigner dès le commencement jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir donné ses ordres, par le Saint-Esprit, aux apôtres qu'il avait choisis.
Après qu'il eut souffert, il leur apparut vivant, et leur en donna plusieurs preuves, se montrant à eux pendant quarante jours, et parlant des choses qui concernent le royaume de Dieu.
Comme il se trouvait avec eux, il leur recommanda de ne pas s'éloigner de Jérusalem, mais d'attendre ce que le Père avait promis, ce que je vous ai annoncé, leur dit-il ; car Jean a baptisé d'eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit.
Alors les apôtres réunis lui demandèrent : Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d'Israël ?
Il leur répondit : ce n'est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre.
(...)
Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu.
Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux.
Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer.

Introduction

Dans ce billet, nous allons étudier l'accomplissement de la fête de la Pentecôte. Cette fête trouve son origine au temps de Moïse :

vous compterez cinquante jours jusqu'au lendemain du septième sabbat ; et vous ferez à l'Éternel une offrande nouvelle. Vous apporterez de vos demeures deux pains, pour qu'ils soient agités de côté et d'autre ; ils seront faits avec deux dixièmes de fleur de farine, et cuits avec du levain : ce sont les prémices à l'Éternel.
Lévitique 23 : 16-17

Cette fête avait donc lieu cinquante jours après la Pâque. Cela correspondait à l'époque de la moisson (la récolte des champs de céréales). Dieu avait décrété que c'était l'occasion de Lui rendre un culte car c'était une façon de reconnaître que tout venait de Lui.

La Pentecôte a plusieurs noms dans la Bible :

  • La fête des prémices.
  • La fête des moissons.

Ces deux noms vont nous aider à comprendre la vraie signification de la Pentecôte et comprendre son application dans les Livres des Actes.

Ce poste se consacrera d'abord aux fêtes des prémices.

1. La fête des prémices 

1.1. Définition

Le mot « prémices » signifie les premiers fruits de la terre ou les premiers-nés du troupeau offerts à Dieu. Aujourd'hui, il a pris un sens plus large pour dire d'une manière générale que ce sont les avant-goûts d'un évènement, ou alors le signe d'un commencement. Par exemple, les premiers jours de l'année où il fait froid en automne sont les prémices de l'hiver.

L'idée de base est que lorsque Dieu a institué la Pentecôte avec la fête de prémices, le peuple reconnaissait la fidélité et la bonté de Dieu car Il a permis que les récoltes soient au rendez-vous. Les premières gerbes qu'on ramassait annoncent que la récolte sera bonne.
Pour montrer sa reconnaissance et sa foi que Dieu donnera une bonne future récolte, on offrait à Dieu les prémices.

Le principe se retrouve partout dans la Bible avec la dîme par exemple. Le principe est de rendre à Dieu les premiers signes de bénédictions matérielles car on reconnait à Dieu qu'Il a la puissance de faire que ces prémices annoncent une suite de bonne qualité et en bonne quantité.

1.2. L'importance des prémices

Il y a un domaine qui n'échappe pas aux prémices qu'on doit donner à Dieu : ce sont les enfants, selon qu'il est écrit :

Consacre-moi tout premier-né, tout premier-né parmi les enfants d'Israël, tant des hommes que des animaux : il m'appartient.
Exode 13 : 2

Ainsi, Dieu déclare dans sa Loi que le premier lui appartient. Concrètement, comment cela se passait-il ?
Les animaux étaient offerts en sacrifice tandis que pour les enfants, les parents devaient racheté l'enfant à Dieu par une offrande.

Cela nous montre la valeur des prémices :
Avec les enfants, nous voyons que les prémices représentent la continuité de la vie, l'héritage qu'on laissera derrière nous. En offrant à Dieu son premier-né par une offrande, nous montrons notre reconnaissance et nous lui montrons notre foi dans l'avenir.

C'est pour cela que Dieu a frappé les prémices de pharaon, c'est-à-dire son premier-né : Dieu voulait montrer qu'en enlevant ses prémices, il enlèvera aussi toute sa royauté, selon qu'il est écrit :

Il frappa tous les premiers-nés dans leur pays, Toutes les prémices de leur force.
Psaumes 105 : 36

Avec la Pentecôte, nous pouvons déjà tirer une première leçon : donne-t-on à Dieu les prémices de notre vie ?
Cela devrait être vrai dans le domaine matériel mais aussi dans la gestion de notre temps, dans la gestion de notre force, dans nos ambitions... Pour tout cela, offre-t-on à Dieu les premières bénédictions ?

2. Dieu nous offre ses prémices

Si Dieu nous demande de faire quelque chose, c'est parce qu'Il a Lui-même obéi à son commandement. En effet, Dieu a aussi renoncé à ses prémices pour assurer que notre avenir soit béni.

2.1. L'assurance d'être pardonné

La Pentecôte est liée de très près à la Pâque puisque sa date est en fonction du week-end pascal. Or que s'est-il passé à la vraie Pâque ?
Dieu a donné son fils unique.

Dieu a livré Jésus-Christ à la mort pour nous car en renonçant à sa vie, Jésus nous assure du pardon divin. Par le sacrifice de Jésus, Dieu nous a donné la possibilité de changer de statut juridique :

  • Nous sommes passés de la mort à la vie.
  • Nous sommes passés d'enfants des ténèbres à enfants de lumière.

En effet, il est écrit :

approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins.
Hébreux 4 : 16

Quand est-ce que nous avons besoin de miséricorde ?
C'est lorsque nous savons que nous sommes coupables.

Donc Dieu nous a offert ses prémices les plus précieuses en donnant son Fils pour le salut de quiconque croit.

2.2. L'assurance d'être auprès du Père

Il est écrit :

En lui (Jésus) vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l'Évangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis, lequel est un gage de notre héritage, pour la rédemption de ceux que Dieu s'est acquis, à la louange de sa gloire.
Éphésiens 2 : 13-14

Lorsque Jésus envoya le Saint-Esprit, c'est premièrement le signe que Dieu nous assure la vie éternelle, notre héritage. En effet, les gages dont il est question sont comme les arrhes pour une réservation hôtelière par exemple :

  • Ce n'est pas remboursable : Dieu ne revient pas en arrière lorsqu'une personne est à Lui.
  • L'hôtelier s'engage à bloquer la chambre : nous avons la certitude que nous aurons une place au ciel.

C'est pour cela que Jésus affirma à ses disciples :

que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi. Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n'était pas, je vous l'aurais dit. Je vais vous préparer une place.
Et, lorsque je m'en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi.
Jean 14 : 1-3

Ainsi, lorsque les disciples ont reçu le Saint-Esprit le jour de la Pentecôte, les prémices de Dieu leur ont garanti une place au ciel. Aujourd'hui, Dieu accorde encore ces prémices (le Saint-Esprit) à ceux qui se repentent de leur péché.

2.3. L'assurance de plaire à Dieu

Lorsque nous nous repentons de nos péchés passés, la Bible nous dit que nous commençons une nouvelle vie. Or par définition, une vie se vit. Or si c'est simplement renoncer aux péchés, il manque quelque chose... La vie pour Dieu est bien plus qu'une vie de renoncement !

Cinquante jours après la réalisation de la vraie Pâque, Dieu a donné les prémices de cette nouvelle vie : il a envoyé l'Esprit-Saint. En envoyant l'Esprit, Dieu a donné à ses enfants la puissance et la force de mener une vie qui Lui plait.

Il est écrit :

ceux, en effet, qui vivent selon la chair, s'affectionnent aux choses de la chair, tandis que ceux qui vivent selon l'esprit s'affectionnent aux choses de l'esprit. Et l'affection de la chair, c'est la mort, tandis que l'affection de l'esprit, c'est la vie et la paix ; car l'affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu'elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu'elle ne le peut même pas.
Or ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu. Pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l'esprit, si du moins l'Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, il ne lui appartient pas.
Romains 8 : 5-9
2.4. L'assurance d'œuvrer pour Dieu

Dans notre passage d’Actes 1, Jésus assure qu'après l'envoi du Saint-Esprit, son peuple aura la puissance pour témoigner pour Jésus-Christ. Cela signifie qu'en nous donnant ces prémices, nous aurons du travail pour Dieu, selon qu'il est écrit :

car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d'avance, afin que nous les pratiquions.
Éphésiens 2 : 10

Que sont les bonnes œuvres ?
C'est exactement les mêmes actions auxquelles Jésus fait allusion lorsqu'il dit : vous serez mes témoins.

Conclusion

Dans l'Ancienne Alliance, Dieu a demandé qu'on Lui remette les prémices de tout car cela présageait ce que Lui-même allait faire pour nous : nous donner ses prémices :

  • Cela a commencé avec le plus important des prémices : son Fils unique.
  • Cela a continué avec la plénitude de l'Esprit pour que nous ayons la force de vivre dans la volonté de Dieu.

Une fois qu'on a compris cela, que nous reste-t-il à faire ?

Comprenons que les prémices ne sont pas la moisson. Ce sont juste des éléments qui nous permettent de demeurer dans notre espérance. Ainsi, lorsque Dieu nous accorde ses prémices, restons fidèles dans son œuvre jusqu'à ce que Jésus vienne nous chercher :

n'abandonnez donc pas votre assurance, à laquelle est attachée une grande rémunération. Car vous avez besoin de persévérance, afin qu'après avoir accompli la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis.
Encore un peu, un peu de temps : celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas. Et mon juste vivra par la foi ; mais, s'il se retire, mon âme ne prend pas plaisir en lui.
Nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme.
Hébreux 10 : 35-39