3 Jean 1 : 11

Bien-aimé, n'imite pas le mal, mais le bien. Celui qui fait le bien est de Dieu ; celui qui fait le mal n'a point vu Dieu.

Introduction

L'apôtre Jean donne la clé pour accomplir ce verset dans les Proverbes :
Garde ton cœur plus que toute autre chose, Car de lui viennent les sources de la vie.
Proverbes 4:23

Dans sa troisième Épître, l'apôtre souhaite donc que l'âme de tout chrétien se porte bien. Pour cela, le bon moyen est d'imiter le bien.

Dans notre vie, et en particulier dans nos églises locales, nous rencontrons diverses personnes. De par notre personnalité forgée par notre passé, notre culture, nos aspirations, notre milieu socioprofessionnel... nous trouvons facilement des affinités avec des personnes qui nous ressemblent.

Mais, prenons garde parce que les personnes qui nous ressemblent ne sont pas forcément celles qui font le bien ! Ainsi, disciplinons-nous pour prendre du temps avec ceux qui marchent selon la vérité afin de pouvoir les imiter.

Paul dira cela autrement à Timothée :

fuis les passions de la jeunesse, et recherche la justice, la foi, la charité, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d'un cœur pur.
2 Timothée 2 : 22

En faisant cela, Timothée sera sur la bonne voie pour avoir un cœur pur.

Pour revenir aux 3es Épitres de Jean, Gaïus avait deux modèles qui se présentaient à lui :

  • Diotrèphe, un homme soutenu par sa force.
  • Démétrius, un homme soutenu par la vérité elle-même.

Gaïus, qui marche dans la vérité de Jésus-Christ, est appelé à imiter le bien et non le mal.

1. Le besoin d'imiter

Je discutais avec l'autre jour avec un homme qui se disait athée. Il voulait me faire remarquer tout ce que l'homme a créé. Je l'ai interrompu en disant que l'homme n'a rien créé du tout, il ne fait qu'exploiter et améliorer ce qu'il voit autour de lui.

Cette idée était dérangeante pour lui parce qu'il a reconnu que j'avais raison mais du coup, cela renvoie forcément à l'idée d'un créateur. Pour la petite histoire, il s'en est sorti en disant que notre modèle suprême est un groupe d'extraterrestres...

Mais ce qui nous importe c'est que l'homme ne crée rien, il ne fait qu'imiter.

Cette pensée peut être dérangeante pour les orgueilleux qui pensent être originaux mais il est évident qu'en 2013, tout à déjà été dit dans le passé et certainement mieux dit qu'aujourd'hui.

Gauïs se retrouve donc fait à deux modèles et l'apôtre Jean l'exhorte à suivre le bon exemple. L'enjeu est le même que celui pour Timothée : en suivant le bon exemple, l'état de son âme se portera bien. Et par la suite, il sera un bon modèle pour ceux qui veulent avancer pour le Seigneur.

Remarquons une chose :
Gaïus a déjà un témoignage favorable. Il marche dans la vérité. N'oublions pas que lorsque Jean emploie le mot « vérité », il fait référence à Jésus-Christ car il rapportera dans son Évangile le propos du Messie qui dit :

je suis... la vérité
Jean 16 : 6

Ainsi, Gaïus est fidèle aux commandements de Jésus-Christ. Cela est d'autant plus vrai que c'est un témoignage extérieur qui vient l'attester : Les frères selon qu'il est écrit :

J'ai été fort réjoui, lorsque des frères sont arrivés et ont rendu témoignage de la vérité qui est en toi, de la manière dont tu marches dans la vérité.
3 Jean 1 : 3

Malgré tout, il est quand même encouragé à continuer d'imiter le bien. Cela signifie que Gaïus n'a pas fini d'apprendre.

Remarquons encore autre chose :
Gaïus fait la joie de Jean de par sa fidélité dans le Seigneur selon qu'il est écrit :

je n'ai pas de plus grande joie que d'apprendre que mes enfants marchent dans la vérité.
3 Jean 1 : 4

Malgré cela, il est exhorté à persévérer dans son apprentissage. La joie d'être dans la vérité ne doit pas nous donner l'orgueil de croire que nous sommes arrivés à la perfection. Continuons à avancer en plus des victoires que Dieu nous permet de vivre.

Ainsi, nous avons besoin d'imiter, c'est-à-dire d'apprendre tant que nous sommes ici bas. Cela est vrai même si nous avons un bon témoignage.

2. Diotrèphe

Que ce soit de manière consciente ou inconsciente, nous suivons tous des modèles. En ce sens, nous sommes tous un Gaïus face à un Diotrèphe et Démétrius.

Lequel suivre ?
Notons que Gaïus est appelé 3 fois « bien-aimé ». Cela montre que la voie suprême à imiter côtoie forcément l'amour fraternel. Ainsi, nous devons suivre celui qui manifeste le plus l'amour fraternel.

Voyons comment est décrit Diotrèphe :

J'ai écrit quelques mots à l'Église ; mais Diotrèphe, qui aime à être le premier parmi eux, ne nous reçoit point. C'est pourquoi, si je vais vous voir, je rappellerai les actes qu'il commet, en tenant contre nous de méchants propos ; non content de cela, il ne reçoit pas les frères, et ceux qui voudraient le faire, il les en empêche et les chasse de l'Église.
3 Jean 1 : 9-10

Diotrèphe est une personne très influente de l'église locale. Peut-être est-il un responsable ? Ou alors est-ce lui qui donne le plus aux offrandes ? Ou peut-être a-t-il tout simplement beaucoup de charisme ?

Il est présenté comme une personne qui aime ce pouvoir et en cela, il est déjà digne de désapprobation car l'église locale n'est pas un lieu promotion sociale pour ceux qui n'ont pas trouvé une gloire humaine ailleurs. Il est loin des sentiments qui étaient en Christ qui s'est fait serviteur de tous alors qu'Il était l'égal de Dieu.

De plus, les fruits de sa vie témoignent de la réalité de son cœur : il ne voulait pas recevoir les frères étrangers.
Il n'est pas dit pourquoi mais j'ai déjà vu des cas similaires dans les églises et les raisons des rejets sont assez surprenantes :

  • Par xénophobie et racisme.
  • Par jalousie de voir d'autres personnes faire mieux que nous.
  • Par orgueil de croire qu'on est les seuls vrais frères.
  • Par crainte de perdre son charisme.

La bible ne nous dit pas pourquoi Diotrèphe ne veut pas recevoir ces frères mais ce qui est sur c'est qu'il est loin de l'amour fraternel. Le pire, il met une grosse pression sur ceux qui veulent agir dans la vérité. Cela rappelle l'attitude des pharisiens :

malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux ; vous n'y entrez pas vous-mêmes, et vous n'y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer.
Matthieu 23 : 13

Nous serons tous confrontés tôt ou tard à un « Diotrèphe » et peut-être même que nous avons un « Diotrèphe » en nous. Mais, avec l'aide du Saint-Esprit, n'imitons pas le mal, c'est-à-dire toute œuvre qui est pratiquée sans amour.

3. Démétrius

Voyons maintenant comment est décrit Démétrius :

Bien-aimé, n'imite pas le mal, mais le bien. Celui qui fait le bien est de Dieu ; celui qui fait le mal n'a point vu Dieu. Tous, et la vérité elle-même, rendent un bon témoignage à Démétrius ; nous aussi, nous lui rendons témoignage, et tu sais que notre témoignage est vrai.
Jean 3 : 11-12

Juste après avoir exhorté Gaïus à imiter le bien, Jean lui parle de Démétrius.

Cet homme semble avoir pour lui que le bon témoignage extérieur. Celles des frères et aussi la vérité que nous trouvons dans la Parole de Dieu. Notons que le témoignage extérieur devrait être notre seule force car il est écrit :

tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits.
Matthieu 7 : 17

N'y ajoutons pas de l'éloquence, de la séduction ou même de la force... Si nous sommes au Seigneur, notre force d'influence viendra uniquement des fruits que le Seigneur permettra que nous portions.

Il semblerait donc que Gaïus est bonne voie et il peut s'appuyer sur Démétrius qui doit avoir une bonne expérience en matière d'amour fraternel. Dans notre cas, il s'agit de pourvoir aux besoins des ouvriers de Dieu qui sont de passage :

Bien-aimé, tu agis fidèlement dans ce que tu fais pour les frères, et même pour des frères étrangers, lesquels ont rendu témoignage de ta charité, en présence de l'Église. Tu feras bien de pourvoir à leur voyage d'une manière digne de Dieu.
3 Jean 1 : 5-6

Soutenir les ouvriers de passage est un principe biblique que nous retrouvons ailleurs :

j’ai, en effet, éprouvé beaucoup de joie et de consolation au sujet de ta charité ; car par toi, frère, le coeur des saints a été tranquillisé.
Philémon 1 : 7

Dieu permet ainsi qu'il y ait ces voyageurs pour que les églises aient l'occasion de manifester leur amour fraternel. Les raisons sont détaillées dans les versets qui suivent :

car c'est pour le nom de Jésus Christ qu'ils sont partis, sans rien recevoir des païens. Nous devons donc accueillir de tels hommes, afin d'être ouvriers avec eux pour la vérité.
3 Jean 1 : 7-8
  • Nous avons un amour commun : l'amour pour Celui qui nous a délivrés de nos péchés.
  • Nous avons une liberté commune : nous ne sommes plus redevables envers le monde.
  • Nous avons une mission commune : nous sommes tous appelés à être des témoins de Jésus-Christ.

Pour ces trois raisons-là, nous devons accueillir les frères de passages et imiter ceux qui savent bien le faire pour nous perfectionner davantage.

Conclusion

Ainsi, nous avons besoin d'imiter car Dieu nous a créés comme cela. Rappelons qu'imiter n'est pas réservé à ceux qui sont dans la défaite car ce n'était pas le cas de Gaïus. Mais en imitant le bien, il va se perfectionner dans ses œuvres. En se perfectionnant dans ces œuvres, son âme prospèrera.

La question pour nous est donc de savoir qui nous voulons imiter car il en va de prospérité de notre âme.

Notons enfin qu'imiter une personne c'est plus précisément imiter ce qu'on voit de Jésus-Christ dans la personne. Certains ont abandonné la foi parce que les hommes qu'ils ont suivis ont chuté : ils ont éprouvé par la suite une grosse déception vis-à-vis de leur modèle, de l'église et de Dieu Lui-même.

Notre modèle est Jésus-Christ et nous pouvons imiter tout ce que nous connaissons de Lui en imitant telle ou telle personne. C'est ainsi que l'apôtre Paul se présentait à l'église de Corinthe :

soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Christ.
1 Corinthiens 11 : 1