2 Pierre 1 : 1-14

Simon Pierre, serviteur et apôtre de Jésus Christ, à ceux qui ont reçu en partage une foi du même prix que la nôtre, par la justice de notre Dieu et du Sauveur Jésus Christ :
que la grâce et la paix vous soient multipliées par la connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur !
Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu, lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise, à cause de cela même, faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance, à la connaissance la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la patience, à la patience la piété, à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité.
Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus Christ. Mais celui en qui ces choses ne sont point est aveugle, il ne voit pas de loin, et il a mis en oubli la purification de ses anciens péchés.
C'est pourquoi, frères, appliquez-vous d'autant plus à affermir votre vocation et votre élection ; car, en faisant cela, vous ne broncherez jamais. C'est ainsi, en effet, que l'entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ vous sera pleinement accordée.
Voilà pourquoi je prendrai soin de vous rappeler ces choses, bien que vous les sachiez et que vous soyez affermis dans la vérité présente. Et je regarde comme un devoir, aussi longtemps que je suis dans cette tente, de vous tenir en éveil par des avertissements, car je sais que je la quitterai subitement, ainsi que notre Seigneur Jésus Christ me l'a fait connaître.

Introduction

Ce billet fait suite à celui qui traite de la vertu.

Quel est le contexte de ce passage ?
  • V13-14 : C'est un peu le testament de l'apôtre Pierre pour tous ses enfants spirituels.
  • V3-4 : Ce que Pierre veut léguer, c'est le rappel que grâce aux mérites de Jésus-Christ, nous avons tout pour participer à la nature divine.
  • V5-7 : La preuve, les fruits de l'Esprit sont en nous.
  • V9 : Il veut aussi laisser un avertissement : Si nous ne sommes pas remplis du Saint-Esprit, nous sommes comme des aveugles, c'est-à-dire que nous n'avons aucune part avec Dieu
. Finalement, il veut nous donner l'exhortation suivante : faisons tous nos efforts pour laisser le Saint-Esprit agir !
Cela aura trois conséquences :
  • C'est ainsi que nous vivrons dignes de l'appel que Dieu nous a lancé.
  • C'est ainsi que nous ne serons ni oisifs ni stériles.
  • C'est ainsi que l'entrée dans le royaume de Dieu nous sera pleinement accordée.

Dans ce billet, nous nous concentrerons sur les 5 dernières qualités du chrétien : la maîtrise de soi, la patience, la pitié, l'amour fraternel et la charité. Nous nous prendrons comme pivot de notre réflexion la piété.

Qu'est-ce que la piété ?

La piété est l'attachement à Dieu de toute son âme, de toute sa force et de toute sa pensée. Un verset qui définirait la piété est celui-ci :

comme une biche soupire après des courants d'eau, Ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu !
Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant : quand irai-je et paraîtrai-je devant la face de Dieu ?
Psaume 42 : 1-2

La piété ne s'invente donc pas ! La piété ne peut venir que de la foi en Jésus-Christ, elle ne peut venir que d'une vie vertueuse. Nous savons que nous menons une vie pieuse lorsque nous comprenons que nous pouvons nous contenter de la piété, selon qu'il est écrit :

C'est, en effet, une grande source de gain que la piété avec le contentement
1 Timothée 6 : 6

Avec les trois premières qualités (foi, vertu, connaissance), le chrétien s'est armé intérieurement au point qu'il annonce par sa vie les vertus de Jésus-Christ. Avec les cinq dernières, nous verrons que la piété est l'élément indispensable pour arriver à la maturité chrétienne : la charité.

Or, il est évident que celui qui évolue avec un amour divin dans son cœur ne sera ni oisif ni stérile. Non seulement il ne bronchera pas mais en plus l'entrée dans le royaume de Jésus lui sera largement ouverte.

1. La maîtrise de soi.

Sans refaire l'étude sur les trois premières qualités du chrétien, rappelons simplement que :

  • La foi en Jésus-Christ est le début de la marche vers le salut.
  • La vertu vient vite parce que nous venons de faire la connaissance du Dieu trois fois saint.
  • La connaissance accrue de Jésus-Christ nous dirige vers une vie réellement vertueuse parce que nous sommes appelés à annoncer ses vertus par notre vie.

En somme, plus nous progressons dans la connaissance de notre sauveur, plus nous savons que nous devons démontrer par notre vie :

  • L'amour que nous avons reçu.
  • Le pardon que nous avons reçu.
  • La sainteté et la gloire que Dieu nous a partagée.

Tout cela est très bien mais le Seigneur veut nous affermir dans cette voie. Pour cela, il permet que nous soyons éprouvés. N'oublions pas que le but du Seigneur est de faire de nous des adultes spirituels.

Ainsi, lors de l'épreuve, toute notre connaissance implique que nous avons besoin de faire preuve de maîtrise de soi. Il y a différents cas de figure :

  • La modération. Par exemple faire moins de sport pour consacrer plus d'heures au Seigneur.
  • L’abstinence. Par exemple refuser d'aller à des soirées où nous savons que le Seigneur ne sera pas glorifié.

Lorsque nous connaissons Jésus-Christ et sa sainteté, les épreuves nous amènent sur la voie de la tempérance.

N'oublions pas que la « maîtrise de soi » est un fruit de l'Esprit de Dieu en nous. Cela signifie que le but n'est pas de subir une séance de mortification pour se maîtriser mais de tourner les regards vers Jésus-Christ, selon qu'il est écrit :

Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d'une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte, ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi.
Hébreux 12 : 1-2

En effet, tourner les regards vers Jésus pour le chrétien est la solution pour rejeter tout fardeau et tout péché car cela lui rappellera la joie de son salut.

Notons aussi que tourner les regards vers Jésus-Christ est le chemin qui nous amènera à nous attacher à Dieu. Se souvenir des œuvres et des promesses de Jésus-Christ nous mène vers la piété car c'est dans ces conditions que l'Esprit de Dieu fera naître en nous la maîtrise de soi.

2. La patience.

La maîtrise de soi implique aussi la patience. En effet, se restreindre dans un domaine est une situation instable. Si nous n'arrivons pas à perdurer dans la maîtrise de soi, toute notre vertu ne sert à rien.

Il est écrit :

mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que l'épreuve de votre foi produit la patience.
Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien.
Jacques 1 : 2-3

Ce passage nous annonce une bonne nouvelle :
Dieu veut faire de nous des personnes parfaites et accomplies.

Comment s'y prendra-t-il ?
Il va éprouver notre petite foi. Comme Il est le maître de toute situation, Il permettra que nous ayons l'occasion d'ajouter à notre foi, la vertu puis la connaissance puis la maitrise de soi puis la patience.

C'est dans cette patience que nous tendrons vers une vie pieuse, vers une vie où nous nous attendons uniquement à Dieu. En effet, la patience n'est pas simplement attendre que la difficulté passe mais c'est surtout attendre l'action du Seigneur.
Cela veut dire que ce n'est pas la solution qui compte mais l'action du Seigneur.

Il est dit notamment :

ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l'iniquité ? ou qu'y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ?
2 Corinthiens 6 : 14
O Dieu, ne t'éloigne pas de moi ! Mon Dieu, viens en hâte à mon secours !
Psaumes 71 : 12

Ce verset signifie que le chrétien accepte uniquement que les aides qui viennent de Dieu et refuse catégoriquement les aides qui viennent de non-chrétien de peur que par cette aide, nous soyons obligés de partager son lot d'impiété. Dans le meilleur des cas ça sera par déférence et dans le pire des cas, ça sera pour rembourser une dette.

Paul savait attendre le secours de l'Éternel. Il dira aux Corinthiens :

et nous regardions comme certains notre arrêt de mort, afin de ne pas placer notre confiance en nous-mêmes, mais de la placer en Dieu, qui ressuscite les morts. C'est lui qui nous a délivrés et qui nous délivrera d'une telle mort, lui de qui nous espérons qu'il nous délivrera encore
2 Corinthiens 1 : 9-10

Nous voyons que sa patience était le bon chemin vers la piété parce qu'il a trouvé de l'espérance. Or l'espérance en Dieu est une définition possible de la piété.

Paul dira encore :

bien plus, nous nous glorifions même des afflictions, sachant que l'affliction produit la persévérance, la persévérance la victoire dans l'épreuve, et cette victoire l'espérance.
Or, l'espérance ne trompe point, parce que l'amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné.
Romains 5 : 5-6

Celui qui attend le secourt uniquement dans les œuvres vertueuses de Dieu est sur la voie de la vraie piété.

3. L'amour fraternel

Comment Dieu répond-il à nos prières ?
Il peut résoudre notre problème... ou pas. En effet, dans tous les cas, l'utilité de l'épreuve est de nous amener à la piété, l'attachement à Dieu.

Quels sont les effets de la piété ?
Une des actions inattendues est l'amour fraternel. En effet, nous sommes tellement attachés à Dieu que nous sommes totalement détachés de nous-mêmes.
Lorsque c'est le cas, nous avons plus le souci de nos prochains que nos problèmes. C'est pour cela que le Seigneur exhorte celui qui est attaché à Lui d'aimer son prochain comme lui-même.

Notre prochain est la personne qui est physiquement près de nous...

Voyons l'exemple de Job qui a vécu l'amour fraternel suite à sa piété :

Après que l'Éternel eut adressé ces paroles à Job, il dit à Éliphaz de Théman : ma colère est enflammée contre toi et contre tes deux amis, parce que vous n'avez pas parlé de moi avec droiture comme l'a fait mon serviteur Job.
Prenez maintenant sept taureaux et sept béliers, allez auprès de mon serviteur Job, et offrez pour vous un holocauste. Job, mon serviteur, priera pour vous, et c'est par égard pour lui seul que je ne vous traiterai pas selon votre folie ; car vous n'avez pas parlé de moi avec droiture, comme l'a fait mon serviteur Job.
Job 42 : 7-8

Nous pouvons aussi prendre l'exemple de Paul :

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que, par la consolation dont nous sommes l'objet de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans quelque l'affliction !
2 Corinthiens 2 : 3-4

Ainsi, l'amour fraternel est une forme de piété.

4. L'amour de Dieu

Une dernière définition d'une personne pieuse est une personne qui a un amour éprouvé pour Dieu.

  • Une personne dont l'amour pour Dieu est éprouvé est une personne qui appartient à une assemblée dont l'amour a été éprouvé collectivement :
    Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d'entrailles de miséricorde, de bonté, d'humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres, et, si l'un a sujet de se plaindre de l'autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. Mais par-dessus toutes ces choses revêtez-vous de la charité, qui est le lien de la perfection.
    Et que la paix de Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos cœurs. Et soyez reconnaissants.
    Que la parole de Christ habite parmi vous abondamment ; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs sous l'inspiration de la grâce.
    Et quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des Actions de grâces à Dieu le Père.
    Colossiens 3 : 12-17
  • Une personne dont l'amour pour Dieu est éprouvé est une personne qui est restée attachée malgré les vives cicatrices ou malgré les chutes :
    Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous. Nous sommes pressés de toute manière, mais non réduits à l'extrémité ; dans la détresse, mais non dans le désespoir ; persécutés, mais non abandonnés ; abattus, mais non perdus ; portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps.
    Car nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre chair mortelle.
    2 Corinthien 4 : 7-11
  • Une personne dont l'amour pour Dieu est éprouvé est une personne dont la joie éprouvée :
    Heureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux ; car c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous.
    Matthieu 5 : 11-12
  • Une personne dont l'amour pour Dieu est éprouvé est une personne dont l'attente est éprouvée :
    J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi. Désormais la couronne de justice m'est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me le donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement.
    2 Timothée 4 : 7-8

Conclusion

Nous avions vu que le salut de Dieu commence par la vertu pour arriver jusqu'à la piété.

Au-delà du fait que la piété est un attachement à Dieu, nous avons aussi vu que la piété est :

  • Tourner les regards vers Jésus (Maîtrise de soi).
  • Attendre uniquement le secourt de l’Éternel (patience).

Les fruits en sont :

  • L'amour fraternel.
  • L'amour éprouvé pour Dieu.

Ne pensons pas que parvenir à la charité est une option car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus Christ. Mais celui en qui ces choses ne sont point est aveugle, il ne voit pas de loin, et il a mis en oubli la purification de ses anciens péchés.

Demeurons donc chaque jour en Christ pour que l'entrée dans son royaume nous soit largement accordée.