Psaume 3

Psaume de David. À l'occasion de sa fuite devant Absalom, son fils.
O Éternel, que mes ennemis sont nombreux ! Quelle multitude se lève contre moi ! Combien qui disent à mon sujet : Plus de salut pour lui auprès de Dieu !
Mais toi, ô Éternel ! tu es mon bouclier, Tu es ma gloire, et tu relèves ma tête.
De ma voix je crie à l'Éternel, Et il me répond de sa montagne sainte. Je me couche, et je m'endors ; je me réveille, car l'Éternel est mon soutien. Je ne crains pas les myriades de peuples Qui m'assiègent de toutes parts.
Lève-toi, Éternel ! sauve-moi, mon Dieu ! Car tu frappes à la joue tous mes ennemis, Tu brises les dents des méchants.
Le salut est auprès de l'Éternel :
que ta bénédiction soit sur ton peuple !

Introduction

Si on demande à chaque chrétien : quelle proportion Dieu occupe-t-Il dans votre cœur ? Alors la bonne réponse évangéliquement correcte est : 100 %. Effectivement c'est la bonne réponse car Dieu bénit ceux qui Le reconnaissent comme maitre dans tous les domaines de sa vie.

Alors dans ce billet, nous constaterons que si nous cherchons à vivre sous les principes de vie de Dieu partage dans sa Parole, la paix sera facile à trouver.
Le verbe « chercher » est important. En effet, David a connu des victoires dans le passé mais cela ne suffit pas pour discerner la volonté de Dieu chaque jour.

Ainsi, le chrétien doit s'efforcer chaque jour à calquer ses décisions sur les principes que la Bible lui montre. Cet article s'efforcera donc de rappeler le premier de tous les principes :
Consulter Dieu pour tous les moments délicats.

Dans ce psaume 3, nous verrons que :

  • Si les principes bibliques ne sont pas appliqués dans notre vie alors elle sera instable.
  • Les choses rentrent dans l'ordre dès que Dieu est remis à sa juste place.
  • Nous finirons par expliciter la définition de la paix du cœur.

1. Comment David en est-il arrivé là ?

Comment David en est-il arrivé à devoir fuir devant son propre fils ?

David en est arrivé là parce qu'il n'a pas réagi avec les principes bibliques dans l’éducation de ses enfants. À chaque fois que ses enfants ont péché, il s'est fié à ses sentiments plutôt que de s'en remettre à Dieu.

En effet, ne pas consulter Dieu est le meilleur moyen de vivre hors de Sa volonté.

1.1. Rappelle de la vie de David
Quelques faits :
  • Il a eu 2 enfants de sa femme Maakha : Absalom (garçon) – Tamar (Fille)
  • Il a eu 1 enfant d'une autre femme : Amnon (garçon)
  • Amnon a eu le coup de foudre pour sa demie sœur.
  • Amnon était tellement esclave de sa passion qu'il a violé sa demi-sœur.
  • Suite à son viol, il a haï sa sœur autant qu'il l'a désiré par le passé.
  • Réaction du père :
    Le roi David apprit toutes ces choses, et il fut très irrité. (2 Samuel 13 : 21)

David s'est fâché et puis... c'est tout ! Il n'y a eu aucune punition à la hauteur du crime.

1.2. Le relâchement

Surement aurait-il dû prendre le temps de consulter comme il le faisait auparavant. Par exemple, voici comment il agissait avant d'entreprendre une action :

David consulta l'Éternel, en disant :
Irai-je, et battrai-je ces Philistins ?
Et l'Éternel lui répondit :
Va, tu battras les Philistins, et tu délivreras Keïla.
1 Samuel 23 : 1-2

Mais là, rien. Il agit en fonction de son humeur du moment. Notons qu'après des années de fuites devant Saül, David connait un temps de paix.
Cela nous apprend que tant nous sommes ici bas, nous devons constamment chercher la face de l'Éternel et ne pas nous laisser endormir par le confort.

1.3. Injustice insoutenable

La conséquence est qu'Absalom est rempli de colère. En effet, le frère de Tamar est avide de justice que son père n'a pas appliquée :

  • Absalom assassine son demi-frère pour venger sa sœur.
  • Dans un premier temps, David est de nouveau fâché et Absalom est obligé de fuir.
  • À bout de 3 ans, la colère humaine de David s'est apaisée et il a cessé de le poursuivre.
    Le roi David cessa de poursuivre Absalom, car il était consolé de la mort d'Amnon. (2 Samuel 13 : 39)

Là encore surement qu'il aurait dû demander à l'Éternel ce qu'il était bon de faire. Mais Dieu n'occupait plus la place de conseiller dans le cœur de David qui se laissait distraire par la paix apparente de son royaume.

1.4. Le retour du meurtrier

Finalement avec l'aide de Joab, un haut gradé militaire, Absalom revient à Jérusalem. Deux ans plus tard, David et son fils se réconcilient, comme il nous est rapporté dans le verset suivant :

Et le roi appela Absalom, qui vint auprès de lui et se prosterna la face contre terre en sa présence. Le roi baisa Absalom.
2 Samuel 14 : 33

Cette réconciliation est-elle une bonne nouvelle ?
À vrai dire non ! Le pardon peut-il être réel sans que la justice soit rendue ? En l’occurrence, le mestre d'Amnon n'a pas été sanctionné.

Cette question est importante car c'est le message de l'évangile. Comme Absalom, nous sommes dignes de la mort à cause de nos péchés. Notre père nous a pardonné par amour mais pour cela, il a fallu que justice soit rendue avant. Dieu lui-même est venu en la personne de Jésus pour subir la mort que nous méritions. Ainsi il y a pleinement pardon car il y a eu pleinement justice.

Mais dans le cas de David, Dieu n'est plus son modèle d'amour et de justice. Il est bon de pardonner, mais seulement s'il est calqué sur le modèle divin.

1.5. Le fruit d'un pardon sans justice

Quel est le fruit de cet amour personnel ?

Absalom va essayer et réussir à prendre le pouvoir à la place de son père. En effet, il a profité que son père ne lui a jamais résisté. Il prend cela comme une opportunité de lui ravir sa place de roi.

Après un complot bien mené, David est contraint d'abandonner son trône et de prendre la fuite devant son propre fils :

et David dit à tous ses serviteurs qui étaient avec lui à Jérusalem : Levez-vous, fuyons, car il n'y aura point de salut pour nous devant Absalom. Hâtez-vous de partir ; sinon, il ne tarderait pas à nous atteindre, et il nous précipiterait dans le malheur et frapperait la ville du tranchant de l'épée.
2 Samuel 15 : 13-14

Une fois de plus, au lieu de consulter Dieu, il va prendre des décisions de son propre chef : il va s'enfuir. Dieu n'est plus celui qui combat pour David comme ce fût le cas au temps où il a battu Goliath, le philistin.

Le Philistin dit à David :
Suis-je un chien, pour que tu viennes à moi avec des bâtons ? Et, après l'avoir maudit par ses dieux, il ajouta : viens vers moi, et je donnerai ta chair aux oiseaux du ciel et aux bêtes des champs.
David dit au Philistin :
Tu marches contre moi avec l'épée, la lance et le javelot ; et moi, je marche contre toi au nom de l'Éternel des armées, du Dieu de l'armée d'Israël, que tu as insultée.
1 Samuel 17 : 43-45

Dieu n'est plus son conseiller, celui qui rend justice. Il n'est plus son modèle d'amour ni celui qui combat pour lui. Maintenant c'est David lui-même qui a pris toutes ces places alors, on arrive forcément par se dire :

Plus de salut pour lui auprès de Dieu. (verset 3)

2. Dieu sauve David

On connait la fin de l'histoire. Dieu va rétablir David sur trône et son fils récoltera le salaire de son péché : la mort. Alors qu'est-ce qui s'est passé ?

Dieu rétablit tous les pécheurs qui Lui rendent ses places (Seigneur, conseiller, sauveur...). Les choses changent quand David redonne sa place à Dieu.

2.1. Dieu est de nouveau le bouclier de David.

Il est écrit :

prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin
Éphésiens 6 : 16

David reprend ses bonnes habitudes : il retrouve la paix en cherchant par la foi c'est-à-dire en cherchant le secours de Dieu.

Que signifie placer sa foi en Dieu ?
Cela signifie que nous lui faisons confiance au point de Lui obéir, c'est-à-dire chercher constamment à appliquer les principes bibliques dans notre vie.

Comme David, ayant foi en Dieu pour trouver auprès de Lui la confiance qui nous permettra de Lui obéir. C'est ainsi que la paix reviendra dans nos vies.

2.2. Dieu est désormais la gloire de David.

Jusque-là, ce sont ces enfants qui faisaient sa gloire. Par amour pour ces enfants, il a tout supporté jusqu'à devenir laxiste.

Mais maintenant comme Dieu redevient sa gloire, Dieu va le délivrer. Dieu est sa gloire signifie que Dieu est celui que David aime le plus. En effet, cette vérité est d'actualité pour le chrétien car Jésus dira :

si quelqu'un vient à moi, et s'il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple.
Luc 14 : 26

Ainsi, une vie tournera rond lorsque Dieu est aimé plus que tout.

2.3. Dieu est désormais celui qui relève la tête de David

Jusque-là, ce qui relevait la tête de David est la santé de ses enfants quoiqu'ils aient pu faire.

Maintenant c'est Dieu qui occupe cette place. En effet, Dieu est celui qui régénère le perdu s'il revient dans une attitude de repentance.

Et pour nous, qui nous relève lorsque nous sommes abattus ?
Est-ce la paie de la fin du mois ? Notre mère ? Nos passe-temps ?

Cette question est importante car il faut que ce qui nous relève la tête soit efficace sinon ça sera pire qu'avant.

Un contre-exemple est la drogue :
On en prend et on se sent mieux mais c'est pour une durée très courte... et après c'est pire.

Dieu ne déçoit pas. Quand il relève une personne, c'est pour lui donner plus de force.

3. Quelles sont les conséquences du salut divin ?

Voyons les conséquences quand c'est Dieu lui-même qui intervient.

3.1. La paix dans le cœur

Si Dieu occupe le rôle de soutien, alors nous pouvons vivre sans crainte.

Nous voyons qu'une fois que David s'est réconcilié avec son Dieu en Lui redonnant sa place de sauveur, il trouve la paix qui se manifeste par la paix dans le sommeil.

Les difficultés sont insurmontables pour nous mais si nous faisons confiance en Dieu, nous dormirons aussi paisiblement que David. Il exprimera cette paix dans un autre psaume :

Tu sais quand je marche et quand je me couche, Et tu pénètres toutes mes voies.
Psaume 139 : 3
3.2. Le courage d'avancer

Si nous comparons le verset 2 et le verset 7, nous voyons que David ne voit plus la même épreuve de la même manière.

  • Au début, il était abattu d'avance car il était sans Dieu :
    que mes ennemis soient nombreux ! Quelle multitude se lève contre moi !
  • Une fois revenu auprès de Dieu, son discours a changé :
    Je ne crains pas les myriades de peuples Qui m'assiègent de toutes parts.

Le nombre d'adversaires est toujours le même mais David ne les craint plus.
Pourquoi ?
Parce que David marche de nouveau contre eux au nom de l'Éternel.

Ce qui me rassure, c'est que le chrétien n'est pas appelé à être un illuminé qui vit hors des réalités de ce monde. Mais une des grandes bénédictions est la paix du cœur.

Cette paix n'est pas comme le monde donne. Lorsque Dieu donne sa paix, cela nous donne le courage de progresser. Il exprimera cette paix du cœur dans un autre psaume :

Mes persécuteurs et mes adversaires sont nombreux ; Je ne m'écarte point de tes préceptes.
Psaume 119 : 157
3.3. La justice

La notion de justice revient enfin à l'esprit du roi.

Ce n'est pas qu'il est appelé à faire justice lui-même mais il est appelé à demander à Dieu que sa justice soit assouvie. En effet, comme on a vu avec Absalom, le manque de justice est quelque chose qui ronge un homme de l'intérieur.

Mais comme Dieu est désormais Celui sur qui David compte pour rendre justice, son cœur peut être en paix. Il exprimera cette paix du cœur dans un autre psaume :

Je louerai l'Éternel à cause de sa justice, Je chanterai le nom de l'Éternel, du Très Haut.
Psaume 7 : 17

Conclusion

Le grand principe que David a oublié dans l'éducation de ses enfants est de consulter l'Éternel dans les moments délicats. En persévérant dans cette mauvaise voie, sa vie a été tellement déstabilisée qu'il a failli perdre définitivement son trône.

Pour conclure, voici quelques pistes de réflexion pour retrouver le chemin d'une vie stable :

  • Quelle proportion Dieu occupe-t-il dans notre cœur ?
  • Est-Il Celui que nous consultons à chaque instant ?
  • Comptons-nous sur Lui pour tous nos sentiments d'injustice ?
  • Est-Il notre modèle en ce qui concerne le pardon et l'amour ?
  • Est-ce Lui qui combat pour nous ?
  • Est-Il notre bouclier de la foi ? (Confiance + obéissance)
  • Est-Il notre gloire ?
  • Est-Il Celui qui nous relève ?
  • Est-Il notre soutien ?

Plus Dieu occupera de place, plus notre cœur sera en paix.

Je bénis l'Éternel, mon conseiller ; la nuit même mon cœur m'exhorte.
Psaumes 16 : 7