Henri était un pauvre orphelin qui s’était engagé comme berger chez un paysan.

Il avait perdu de très bonne heure son père. Puis au bout de quelques années, sa mère était morte aussi. Tout ce qu’elle avait laissé à son fils était une Bible qui portait de nombreuses traces d’une lecture attentive et assidue. Aussi était-elle pour Henri un vrai trésor. Il aimait à la lire avec sérieux durant les longues soirées d’hiver prés du bétail. Mais ses camarades se moquaient de lui.

Un soir, ils voulurent l’obliger à répéter avec eux d’horribles gros mots, puis à leur lire la Bible pour qu’ils la lui expliquent à leur manière. Henri refusa et s’en alla dans sa chambre avec sa bible. Vivement frustré par la fermeté du petit garçon, l’un des valets, qui avait un mauvais caractère, excita le gros chien de la maison contre Henri, qui fut grièvement mordu à la jambe. Les domestiques, voyant le pauvre Henri blessé et saignant, furent pris d’une grande peur d’être dénoncé par lui auprès du maître et renvoyés.
Mais non. Henri supporta patiemment ses souffrances et ne se plaignit pas. Les maîtres ne surent rien de ce qui s’était passé.

L’un des domestiques vint voir Henri et lui demanda pourquoi il ne les avait pas dénoncés. Le jeune garçon prit sa Bible sous son oreiller et lut dans l’épitre aux Romains ce passage :

ne rendez à personne le mal pour le mal.
Romains 12 : 17

Le visiteur fut tout confus. Mais dès lors, on ne tourmenta plus Henri, et ses camarades eurent même un certain respect pour le livre qui lui avait enseigné une si belle conduite.

Si tous les chrétiens mettaient la Bible ainsi en pratique, ne pensez-vous pas qu’elle serait plus estimée, et que les chrétiens feraient plus de conquêtes sur le monde ?

Ayez au milieu des païens une bonne conduite, afin que, là même où ils vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ils remarquent vos bonnes œuvres, et glorifient Dieu, au jour où il les visitera.
1 Pierre 2 : 12