Jean 5 : 15-29

Cet homme s'en alla, et annonça aux Juifs que c'était Jésus qui l'avait guéri. C'est pourquoi les Juifs poursuivaient Jésus, parce qu'il faisait ces choses le jour du sabbat. Mais Jésus leur répondit :
Mon Père agit jusqu'à présent ; moi aussi, j'agis.
À cause de cela, les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, non seulement parce qu'il violait le sabbat, mais parce qu'il appelait Dieu son propre Père, se faisant lui-même égal à Dieu.
Jésus reprit donc la parole, et leur dit :
en vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu'il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu'il fait ; et il lui montrera des oeuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l'étonnement. Car, comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il veut. Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n'honore pas le Fils n'honore pas le Père qui l'a envoyé.
En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.
En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui l'auront entendue vivront. Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d'avoir la vie en lui-même. Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu'il est Fils de l'homme. Ne vous étonnez pas de cela ; car l'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement.

Introduction

Dans le paragraphe précédent (l'étude se trouve ici), nous avons vu que Jésus a guéri un homme paralysé le jour du sabbat. Comme il était délivré de son immobilisme, il a pris son lit et il est rentré chez lui. Cela déplut fort aux chefs religieux de l'époque car porter un objet (son lit) d'un lieu public (la rue) vers un lieu privé (sa maison) entrait dans la liste des activités interdites ce jour-là.

Pourquoi cet homme s'en alla-t-il dire aux juifs que Jésus est Celui qui l'avait guéri ?
Au verset 12, les juifs lui avaient demandé qui lui a permis de porter son lit. En effet, à leurs propres yeux, ils étaient la plus haute autorité religieuse. Cela signifie que la personne qui lui a accordé d'enfreindre leur loi n'est pas habilitée à permettre une activité qui ne leur convient pas ; donc cette personne mérite aussi la mort.

La question qui se pose est donc celle-ci : Jésus-Christ a-t-il une autorité supérieure à celle des hommes ?

À cette époque, les hommes qui avaient le pouvoir étaient les chefs religieux mais aujourd'hui, chacun est son propre chef ; et la question reste toujours valable :
Jésus-Christ a-t-il une autorité supérieure à la mienne (moi qui ne suis qu'un être humain) ?

Jésus va prendre le temps de leur expliquer d'où vient son autorité : elle vient de Dieu. S'Il prend le temps de l'expliquer, c'est parce qu'Il veut nous faire comprendre que celui qui est sous son autorité vivra tandis que celui qui se met sous l'autorité d'un homme mourra.

Son explication est donc une invitation à chacun de venir sous son autorité pour avoir la vie.

1. Le sabbat

Le point d'achoppement entre Jésus et ces juifs tournait autour de la question du sabbat.

Ces juifs ont demandé à Jésus de rendre compte sur le fait d'avoir autorisé un homme à enfreindre leur loi. La réponse de Jésus est intéressante : il dit que son Père est en train de travailler (ou d'œuvrer) et Lui est en train de travailler aussi.

Cela est à l'opposé de la conception du sabbat telle que les juifs l'avaient façonné à leur propre manière car toute notion de travail devait être systématiquement bannie, même si c'est pour faire le bien. Cela montrait que les juifs ne comprenaient pas ce qu'est le sabbat car ils se focalisaient sur le rite et non sur le but.

Rappelons l'origine du texte qui traite du sabbat à laquelle les juifs pensaient. Il est écrit :

Ainsi parle l'Éternel : prenez garde à vos âmes ; ne portez point de fardeau le jour du sabbat, Et n'en introduisez point par les portes de Jérusalem. Ne sortez de vos maisons aucun fardeau le jour du sabbat, Et ne faites aucun ouvrage ; mais sanctifiez le jour du sabbat, Comme je l'ai ordonné à vos pères. [...)
Si vous m'écoutez, dit l'Éternel, Si vous n'introduisez point de fardeau Par les portes de cette ville le jour du sabbat, Si vous sanctifiez le jour du sabbat, Et ne faites aucun ouvrage ce jour-là, Alors entreront par les portes de cette ville Les rois et les princes assis sur le trône de David, Montés sur des chars et sur des chevaux, Eux et leurs princes, les hommes de Juda et les habitants de Jérusalem, Et cette ville sera habitée à toujours.
Jérémie 17 : 21-25

Le but de premier est de sanctifier ce jour. Cela signifie que les juifs devaient mettre ce jour à part car c'est le seul moyen de bien prendre garde à leur âme. Il y a six jours dans la semaine pour travailler en vue de nourrir le corps mais le septième jour devait être consacré à l'alimentation de l'âme.

Comment nourrir son âme ce jour-là ?
Dans le contexte de Jérémie 17, Dieu fait savoir qu'Il punira la tribu de Juda parce qu'ils ont abandonné l'Éternel. La condamnation était tombée et elle ne tardera pas à s'appliquer par la main de Nebucadnetsar, roi de Babylone. S'ils voulaient être sauvés de la colère de Dieu, ils devaient prendre du temps pour L'invoquer et s'humilier à cause de leur péché au lieu de s'atteler à des tâches domestiques personnelles (porter des fardeaux).

Si nous revenons à l'Évangile selon Jean, nous voyons que les chefs religieux juifs étaient concentrés sur le rite et non sur le but. Pour eux, le sabbat était devenu une liste exhaustive de tâches autorisées et interdites. Ils n'avaient plus en tête l'idée que ce jour devait être mis de côté pour espérer que Dieu pardonne les fautes en vue de la réconciliation avec Lui.

Si nous regardons ce qui s'est passé pour le paralytique de la piscine de Béthesda, nous voyons qu'il ne pouvait pas louer Dieu car il ne pouvait pas se déplacer mais, suite à l'intervention de Jésus, Il s'est rendu au temple pour adorer Dieu et vivre enfin le sabbat tel que Dieu le conçoit : entrer dans sa présence pour trouver le repos de l'âme.

Nous voyons donc que cet homme s'est mis sous l'autorité de Jésus et seulement suite à cela, sa vie a pu enfin recommencer sa vie car Jésus lui a donné la capacité de venir auprès du Père car il est au temple. Mais, s'il était resté sous l'autorité des hommes et de leurs rites, aurait-il un adorateur ?

Prenons garde de ne pas se trouver sous l'autorité d'un homme, surtout si cet homme c'est nous ! En effet, soumettre les désirs humains à la volonté de Dieu n'est pas naturel mais c'est le bon combat si nous voulons être des adorateurs en esprit et en vérité. Sinon, nous prendrons le risque de nous embourber dans un ensemble de tâches à accomplir qui ne mène pas à Dieu.

Veillons donc sur notre âme en nous mettons sous l'autorité de la Parole de Jésus afin de trouver la vie abondante auprès du Père.

2. Jésus est au même niveau que Dieu

Voyons maintenant pourquoi l'autorité de Jésus est supérieure à celle des hommes.

Jésus dit qu'Il est en train d'œuvrer tout comme Dieu, son Père. Les détracteurs confirment ce que Jésus voulait dire par cela : Dieu est son Père et cela signifie qu'Il est égal à Dieu !

Cela renvoie à la doctrine de la trinité. S'il est vrai que le mot « trinité » n'existe pas dans la Bible, nous voyons ici une exposition de cette doctrine. Rappelons que la doctrine de la trinité dit que le Père (Dieu), le Fils (Jésus, le Messie) et le Saint-Esprit sont une seule et même personne.

Non seulement Jésus ne contredit pas ses adversaires mais, en plus Il leur explique en quoi ils ont vu juste sur sa divinité :
Ce n'est pas parce que Jésus a pris une forme humaine qu'Il fera autre chose que Dieu fait. C'est en ce sens qu'Il dit qu'Il ne fait rien de Lui-même.

Les « témoins de Jéhova » ont tort de voir là une faiblesse de Jésus-Christ ! En effet, Il aurait péché s'Il avait fait autre chose que ce que Dieu aurait fait. Ainsi, quand Jésus dit qu'il ne fait rien de Lui-même, c'est pour nous signifier qu'il ne fera jamais rien qui est hors de la volonté de Dieu. Aucun homme ne peut prétendre cela.

De plus, Il explicite ce qu'Il fait : il fait tout ce que fait le Père. Cette petite phrase permet de démontrer la divinité de Jésus-Christ :

  • Il n'y a qu'un Dieu, qu'un seul Tout-Puissant.
  • Or Jésus-Christ fait tout ce que Dieu fait, sans exception.

Nous pouvons donc déduire que Jésus est Dieu. Notons que Jésus fournit plus d'explications sur sa divinité plus qu'Il le démontre car sa divinité est attestée par des témoignages extérieurs comme les miracles qu'Il a accomplis.

Pour exposer son unité avec le Père, Jésus explique la relation d'amour entre eux. Cela n'est pas étonnant puisque par essence, Dieu est amour, selon qu'il est écrit :

et nous, nous avons connu l'amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour ; et celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.
1 Jean 4 : 16

Cela signifie donc que tout ce que Dieu fait est imprégné par l'amour, même si cela concerne son incarnation en la personne du Messie. Et nous allons dans la suite que cet amour n'est pas resté dans cette relation Père-Fils mais elle a débordé pour tous les hommes.

3. Jésus a l'autorité en tant que Dieu

Jésus explique que son autorité est supérieure aux chefs religieux parce qu'Il est Dieu. Jésus commence par leur dire qu'Il travaille car Dieu travaille. Parmi Ses œuvres visibles qui appuie son autorité, il y a tous les miracles qu'Il a opérés dont les juifs étaient témoins. Mais, Jésus leur dit qu'ils verront des œuvres encore plus grandes qu'une guérison miraculeuse : des résurrections.
Dans son développement, son égalité avec le Père est justifiée parce qu'Il détient deux pouvoirs que Dieu seul possède :

  • Juger et condamner pour l'enfer à la fin du monde.
  • Donner la vie dès aujourd'hui.

Jésus précise qu'Il usera de ces deux prérogatives en toute souveraineté : il donnera la vie à qui Il voudra.

Il est intéressant de voir que Dieu le Père a abandonné certaines tâches au Fils : celui du jugement. Est-ce pour autant que Dieu le Père est moins Dieu ? Bien sûr que non. Mais comme Jésus agit comme son Père, Il s'est aussi dépouillé de certaines facultés comme celui de connaître la date de son avènement, selon qu'il est écrit :

pour ce qui est du jour et de l'heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le père seul.
Matthieu 24 : 36

Nous voyons bien que cela n'est pas un argument pour lui enlever sa divinité.

De plus, Jésus leur annonce aussi la réaction recherchée par les œuvres qu'Il fait. Il recherche l'honneur et l'admiration. Ainsi, la gloire qui était pour le Père revient au Fils. Celui qui dit n'honore pas le Fils n'honore pas le Père non plus.

Ainsi, se mettre sous l'autorité de Jésus revient à Lui donner l'honneur que nous donnerions à Dieu.

4. Urgence ! il y a des âmes qui périssent

Pendant que les juifs du temps de Jésus avaient en tête leurs règlements stériles, Jésus avait des préoccupations plus urgentes : redonner la vie à des âmes en perdition.

Jésus dit qu'Il est venu pour donner la vie. Cela sous-entend que ceux qui l'entourent sont morts, selon qu'il écrit :

en vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui l'auront entendue vivront.
Jean 5 : 25

Qui sont les morts en question ?
Il ne s'agit pas de personnes mortes physiquement mais des personnes qui sont séparées de Dieu à cause de leur péché. En somme, Jésus est en train de dire qu'une personne qui ne s'est pas mise sous l'autorité de la Parole de Jésus est tel un condamné à mort qui attend que la sentence soit exécutée. Or, comme tout le monde a péché, tout le monde est condamné.

Qui prononcera la condamnation ?
Nous avons vu qu'à la fin du monde, Jésus Lui-même sera le juge qui enverra les âmes en enfer parce qu'elles sont souillées par leurs péchés passés. Mais, pour le moment, Il n'a pas ce rôle. Pour le moment, son travail est de faire éviter la confrontation entre le condamné et le juge qu'Il sera.

Aujourd'hui, Jésus joue donc le rôle de celui qui veut régler à l'amiable l'offense que nous avons faite à Dieu de par notre péché. Dans un règlement à l'amiable, il est souvent question de dédommager financièrement la partie victime pour éviter la condamnation du coupable lors du procès. Dans le cas de Jésus, Il a payé de Sa vie pour obtenir de Dieu le pardon et ainsi, nous faire éviter de passer devant le tribunal qui nous incriminera à juste titre, selon qu'il est écrit :

en vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.
Jean 5 : 24

Imaginer un instant qu'une tierce personne accepte de payer à notre place le prix de notre liberté mais que nous refusons par incrédulité, que se passera-t-il ? Cette personne ira jusqu'au bout de la logique judiciaire, c'est-à-dire le jugement.

Ainsi, Jésus veut que nous nous soumettions à son autorité parce que Lui seul nous tirera d'affaire. Cela est comparable à une personne qui donne entièrement le pouvoir à un avocat de le représenter. Pendant toute la période de l'instruction judiciaire, la personne n'existe plus car l'avocat est là pour elle.

De même, un chrétien est celui qui a écouté et entendu l'appel de Jésus-Christ à venir sous son aile et désormais, c'est Christ qui agit pour lui et parle pour lui.

Ainsi, celui qui est s'est mis sous l'autorité de Jésus-Christ aura l'assurance d'avoir la vie éternelle car il n'y aura pas pour lui un tribunal qui le condamnera. En revanche, celui qui reste sous sa propre autorité viendra à la barre et Jésus-Christ sera le juge qui prononcera la condamnation : enfer pour l'éternité, selon qu'il est écrit :

Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu'il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Celui qui croit en lui n'est point jugé ; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Jean 3 : 17-18

La pire des erreurs est donc de rester sous notre propre autorité et de se retrouver à la fin du monde dans un tribunal où Christ jugera nos péchés passés. Or, comme nous venons de le lire, notre condamnation est déjà prononcée : Coupable méritant la mort.

Acceptons donc de nous mettre sous l'autorité de Christ afin d'avoir cet avocat qui est à même de nous réconcilier avec Dieu et ainsi avoir la vie éternelle.