Introduction

Aujourd'hui, je voudrais vous partager le premier d'une série de trois prédications autour de l'Épître aux Galates. Le thème de ces articles sera : rester attaché à l'Évangile de Christ.

Paul dira :

je m'étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Évangile. Non pas qu'il y ait un autre Évangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l'Évangile de Christ.
Galates 1 : 6-7

Or, que signifie « passer à un autre l'Évangile » ?

Dans sa phrase, Paul répond à cette question : c’est avant tout s'éloigner de Jésus-Christ et de Son message, l'Évangile. L'Épître aux Galates prévient que ce qui nous détache de Christ peut être soit un homme soit une religion créée des hommes.

Aujourd'hui, nous allons parcourir les deux premiers chapitres de l'Épître aux Galates et voir le témoignage de Paul. Ce passage dépeint comment il s'est converti à Christ et comment il s'est attaché à Christ dans sa marche chrétienne.

Que ce soit la conversion ou la sanctification, Paul s'est affranchi des hommes pour rester attaché à Christ. Paul est donc un bon exemple parce qu'il n'a pas regardé aux messages hommes pour ces deux démarches mais il s'est laissé conduire par Christ.

Est-ce que cela veut dire que le chrétien doit rester tout seul ? Non, si Christ seul nous sanctifie individuellement, Il veut que nous produisions ensemble des fruits. Mais soyons très lucides : si une personne n'a pas une vie intime avec le Seigneur, elle n'aura pas la capacité à participer à l'œuvre collective.

Ainsi, nous sommes appelés à nous attacher à Jésus-Christ de manière individuelle pour travailler ensemble pour sa gloire.

1. L’Évangile, message unique

Avant d'aller plus, loin nous devons bien définir la notion de « être attaché à Christ » : « Être attaché à Christ » est avant toute chose être attaché à son message, l'Évangile.

Qu'elle est donc le contenu du message de Christ ?
Le message de l'Évangile est rappelé aux versets 3 et 4 :

que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu le Père et de notre Seigneur Jésus Christ, qui s'est donné lui-même pour nos péchés, afin de nous arracher du présent siècle mauvais, selon la volonté de notre Dieu et Père
Galates 1 : 3-4

La Bible nous rappelle que notre siècle est mauvais. En quoi est-il mauvais ?
Il est mauvais parce que Satan peut influencer tous ceux qui veulent se rebeller contre Dieu.

La Bible nous apprend qu'à cause de leurs péchés, tous les hommes et femmes sont pervertis et de ce fait, ils se sont rendus esclaves d'un mauvais maître : le diable. Étant sous l'esclavage de ce maître, les hommes partagent son fardeau (être séparé de Dieu) et malheureusement, ils partageront aussi sa fin (l'enfer).

  • Où est donc la bonne nouvelle de Jésus-Christ ?
    Christ nous a acheté à ce mauvais maître afin de pouvoir être attaché à un maître qui donne grâce et paix.
  • À quel prix ?
    Au prix de sa vie.
  • Pour quel motif ?
    Par amour pour nous, il nous a donné ce que nous ne méritons pas.
    Quelle grâce !
  • Pour quelle conséquence ?
    Afin que nous accédions à la vie éternelle, c'est-à-dire côtoyer Dieu personnellement.
    Quelle paix !

La bonne nouvelle de l'Évangile, c'est que chacun d'entre nous a la capacité de passer du pays avec son mauvais roi vers le pays de Christ où la grâce et la paix règnent.

Cela ne vient pas des hommes comme il est dit au verset 3, mais de Dieu Lui-même.

Si cela est de la part de Dieu et de son Fils, en opposition à une offre venant des hommes, comprenons toute l'impuissance des hommes à nous extraire de ce mauvais siècle et comprenons aussi tout l'amour et la puissance de Dieu à nous faire passer dans son royaume.

Ainsi toutes choses sont nouvelles pour ceux qui ont cru en Jésus-Christ : ils partagent le fardeau de Christ (glorifier Dieu) ainsi que sa fin (la vie éternelle). Et tout cela s'est passé sans intervention humaine mais seulement entre un pécheur fatigué de ses pêchés et Jésus-Christ, son sauveur.

2. Christ seul, et non pas un homme

Vous avez su, en effet, quelle était autrefois ma conduite dans le judaïsme, comment je persécutais à outrance et ravageais l'Église de Dieu, et comment j'étais plus avancé dans le judaïsme que beaucoup de ceux de mon âge et de ma nation, étant animé d'un zèle excessif pour les traditions de mes pères. Mais, lorsqu'il plut à celui qui m'avait mis à part dès le sein de ma mère, et qui m'a appelé par sa grâce, de révéler en moi son Fils, afin que je l'annonçasse parmi les païens, aussitôt, je ne consultai ni la chair ni le sang, et je ne montai point à Jérusalem vers ceux qui furent apôtres avant moi, mais je partis pour l'Arabie. Puis je revins encore à Damas.
Galates 1 : 13-17

Ce paragraphe expose la conversion de l'apôtre Paul. À sa lecture, nous pouvons voir qu'il y a deux types de personnes qui peuvent s'immiscer entre nous et Christ :

  • nous-mêmes.
  • Les hommes à fort charisme.
2.1. Christs seuls et non pas le vieil homme

Si un homme, quel qu'il soit, s'immisce entre nous et Christ alors, nous nous éloignerons inévitablement du message de la bonne nouvelle de l'Évangile.

Cette personne qui s'ingère dans notre vie avec Dieu peut être nous-même. Rester attacher au message de l'Évangile demande donc que nous nous soumettions à ce message.

En effet, l'un des pièges est de mettre notre arrière-plan entre nous et Christ. Si tel est le cas, le message de l'Évangile sera alors altéré par notre culture, par les réflexes que nous avions quand nous ne connaissions pas Christ.

Qu'est-ce que nous appelons un arrière-plan :

  • Culture familiale.
  • Ancien zèle pour une religion fabriquée par les hommes.
  • Vision humaine sur la vie.
  • Nos passions et nos désirs passés.

Paul appelle cela « mettre sa confiance dans la chaire ». Mais comment considérait-il son propre arrière-plan ?

Il dira aux Philippiens :

moi aussi, cependant, j'aurais sujet de mettre ma confiance en la chair. Si quelque autre croit pouvoir se confier en la chair, je le puis bien davantage, moi, circoncis le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu né d'Hébreux ; quant à la loi, pharisien ; quant au zèle, persécuteur de l'Église ; irréprochable, à l'égard de la justice de la loi. Mais ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, à cause de Christ.
Philippiens 3 : 4-7

Un arrière-plan influence entièrement une personne, tant son corps que ses pensées. Pour l'apôtre Paul, il a regardé comme une perte tout ce qui était un gain dans ce monde.

En effet, un synonyme de « venir à Christ » est « naître de nouveau » (Jean 3 : 3). De même qu'un nouveau doit tout apprendre, de même un chrétien, jeune dans la foi, doit tout apprendre. Ou plus précisément, il doit désapprendre sa vision des choses, tel que son ancien maître lui avait appris, et il doit apprendre la nouvelle vision des choses, telle que son nouveau maître veut qu'il voie. C'est pour cela qu'un autre synonyme de venir à Christ est « devenir une nouvelle créature » (2 Corinthiens 5 : 17).

Attention de ne pas mettre notre ancienne nature entre notre âme et notre nouvelle nature et Christ. Attention de rester assez humble et soumis à la Bible pour que Dieu fasse son œuvre de transformation.

La Bible appelle ce combat ainsi : se dépouiller de son vieil homme pour revêtir le nouvel homme, selon qu'il est écrit :

Mais vous, ce n'est pas ainsi que vous avez appris Christ, si du moins vous l'avez entendu, et si, conformément à la vérité qui est en Jésus, c'est en lui que vous avez été instruits à vous dépouiller, eu égard à votre vie passée, du vieil homme qui se corrompt par les convoitises trompeuses, à être renouvelés dans l'esprit de votre intelligence, et à revêtir l'homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité.
Éphésiens 4 : 20-24

Une fois de plus, nous voyons que l'homme nouveau est créé selon Dieu.

Ne croyons pas que ce que nous étions avant la conversion puisse contribuer à nous rapprocher de Dieu. En effet, nous revoyons là la notion qu'en Christ, toutes choses sont nouvelles. Et pour saisir ces nouveautés, nous devons mettre de côté ce qui vient de la chaire et mettre en avant ce qui vient de l'Esprit.

Autrement dit, mettre de côté le message qui vient de nos propres pensées pour mettre en pratique le message qui vient de la Parole de Christ, la Bible.

2.2. Christs seuls et non pas les chefs religieux

Il y a un deuxième type d'homme qu'on laisse se mettre entre nous et Christ : ce sont les hommes à fort charisme. Dans notre texte, il s'agit de ceux qui furent apôtres avant Paul, c'est-à-dire, les leaders spirituels.

Est-ce à dire que l'Église doit se passer de leaders spirituels ?
Non, car c'est Dieu qui les a institués pour que nous soyons tous ensemble au même niveau de connaissance par rapport à Jésus-Christ, selon qu'il est écrit :

Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ, jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ, afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction, mais que, professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ.
Éphésiens 4 : 11-15

Ce qui est important dans ce passage, c'est de comprendre que les leaders spirituels n'ont pas pour vocation d'être au-dessus de la masse populaire, mais qu'ils doivent s'efforcer de transmettre tout ce qu'ils savent de la personne de Jésus-Christ de sorte que l'église arrive à l'unité de la foi et à la connaissance de Jésus.

Quel est le piège ?
Le piège pour le chrétien est de laisser un homme, même s'il a le rang d'apôtre, se glisser entre eux et leur Sauveur.
Qu'elle est la bonne nouvelle de l'Évangile ?
À cause de l'impuissance de tous les hommes, Jésus-Christ est venu jusqu'à nous et Il a laissé pour chacun d'entre son message pour Le connaître et son Saint-Esprit pour le suivre.

Lui qui était dès le commencement dans les cieux, est venu sur terre afin que tout le monde comprenne à quel point Il s'est rendu accessible. Comme dirait l'autre, Jésus n'est pas plus loin qu'une prière.

Paul, quand il s'est converti n'a ni consulté la chaire, ni consulté le sang mais il s'est appuyé directement sur le Seigneur. Cela est conforme à ce qui est écrit :

mais à tous ceux qui l'ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu.
Jean 1 : 12-13

La conversion d'une personne est impulsée par Dieu et non pas nos parents ou tel ou tel homme, même un apôtre que Dieu a établi.

3. Ensemble, travaillons

3.1. L'amour fraternel

Il est écrit :

j’allai ensuite dans les contrées de la Syrie et de la Cilicie. Or, j'étais inconnu de visage aux Églises de Judée qui sont en Christ ; seulement, elles avaient entendu dire : celui qui autrefois nous persécutait annonce maintenant la foi qu'il s'efforçait alors de détruire. Et elles glorifiaient Dieu à mon sujet.
Galates 1 : 21-24

Si la conversion et la sanctification s'opèrent directement entre le racheté et son Seigeur, Jésus-Christ veut qu'une fois fortifiés, nous travaillions ensemble.

Dans ces versets, nous voyons que Paul était inconnu de visage et aux Églises de la contrée de Syrie et de Cilicie. Et ce qui est beau dans le corps que Christ a formé, c'est qu'on n'a pas besoin de se connaître pour oeuvrer ensemble.

Le fruit de l'amour en Christ est que les Églises glorifiaient le Seigneur au sujet de Paul bien que celui-ci l'ait persécuté. Comme ces églises sont composées de chrétiens qui partagent le fardeau de Christ, il est normal qu'elles ne soient pas aigries à l'encontre de Paul mais comme l'amour de Christ les presse à glorifier Dieu.

3.2. Fortifié individuellement pour servir ensemble

Il est écrit :

quatorze ans après, je montai de nouveau à Jérusalem avec Barnabas, ayant aussi pris Tite avec moi ; et ce fut d'après une révélation que j'y montai. Je leur exposai l'Évangile que je prêche parmi les païens, je l'exposai en particulier à ceux qui sont les plus considérés, afin de ne pas courir ou avoir couru en vain.
Galates 2 : 1-2

C'est d'après une révélation que Paul décida de monter à Jérusalem. Cela sous-entend que ce ne sont pas des hommes qui l'ont conduit à monter à Jérusalem mais le Seigneur. Nous voyons la première fois dans le témoignage de Paul la notion et cela est impulsé par Dieu.

3.3. Protéger ensemble la vérité

Il est écrit :

mais Tite, qui était avec moi, et qui était Grec, ne fut pas même contraint de se faire circoncire. Et cela, à cause des faux frères qui s'étaient furtivement introduits et glissés parmi nous, pour épier la liberté que nous avons en Jésus Christ, avec l'intention de nous asservir. Nous ne leur cédâmes pas un instant et nous résistâmes à leurs exigences, afin que la vérité de l'Évangile fût maintenue parmi vous.
Galates 2 : 3-5

Une autre tache que les chrétiens doivent faire ensemble est de protéger la liberté que nous avons en Jésus-Christ.

Quelle liberté ?
Libre d'être esclave de Christ et non de la religion créée par les hommes.

La différence, c'est que celui qui est esclave du Messie jouira de la vie tandis que celui qui est esclave des systèmes de penser des hommes finira avec la mort, c'est-à-dire, une vie bâtie sur une liste d'interdits et d'obligations.

Notons bien l'utilisation du « nous » au verset 5. Ce n'est pas le travail d'une seule personne de garantir que le massage de Christ est intact, mais de toute l'assemblée.

3.4 La soumission des uns aux autres
Ceux qui sont les plus considérés - quels qu'ils aient été jadis, cela ne m'importe pas : Dieu ne fait point acception de personnes, - ceux qui sont les plus considérés ne m'imposèrent rien. Au contraire, voyant que l'Évangile m'avait été confié pour les incirconcis, comme à Pierre pour les circoncis, - car celui qui a fait de Pierre l'apôtre des circoncis a aussi fait de moi l'apôtre des païens, - et ayant reconnu la grâce qui m'avait été accordée, Jacques, Céphas et Jean, qui sont regardés comme des colonnes, me donnèrent, à moi et à Barnabas, la main d'association, afin que nous allassions, nous vers les païens, et eux vers les circoncis. Ils nous recommandèrent seulement de nous souvenir des pauvres, ce que j'ai bien eu soin de faire.
Galates 2 : 6-10

Ici, nous voyons un autre aspect du travail que le Seigneur attend de nous d'un point de vue collectif : annoncer la Parole.

Mais remarquons l'état d'esprit des ouvriers de Dieu. Dieu donne des rôles spécifiques mais il ne fait pas acception de personne. Les plus considérés n'ont pas à imposer quoi que ce soit, sinon à émettre leur avis. La Bible nous dit bien que si sanction il doit y avoir, c'est l’Église qui l'exprime et non pas tel ou tel homme.

Notons que bien Paul soit libre à l'égard des hommes, il se soumet volontairement. L'église est là pour bénir le travail des autres chrétiens, tant que l'église reconnaît que l’œuvre en question est réellement pour le Seigneur.

Ce que nous devons retenir, c'est que chacun doit se soumettre volontairement les uns aux autres dans le travail pour le Seigneur, selon qu'il est écrit :

rendez continuellement grâces pour toutes choses à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus Christ, vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Christ.
Éphésiens 5 : 20-21

Dans ce verset, nous voyons encore que la soumission des uns aux autres est dans le cadre collectif où personne n'est au-dessus de personne.

Conclusion

Nous avons donc vu qu'il est important de rester attaché au message de Christ et ne pas laisser une personne s'interposer entre nous et notre sauveur.

En effet, Christ seul, à travers sa Parole peut nous convertir et nous sanctifier.

Ce n'est pas pour autant que le chrétien doit rester seul dans la vie, mais il est appelé à travailler pour son divin maître, et pour cela, il doit être en équipe : cette équipe s'appelle l'église.

Dans cette équipe, il y a des rôles très variés, mais le seul chef est Christ.

De ce fait, nous devons nous soumettre volontairement les uns aux autres pour porter du fruit ensemble.
Mais dans cet effort collectif, restons attacher au Seigneur.