1. Dans l'Ancien Testament 

1.1 Origine

La Samarie est à la fois une ville et une région au centre de la Palestine, entre la Judée et la Galilée.

Son peuple est à l'origine constitué de juifs. Durant la séparation entre le royaume du Nord (Israël) et le royaume du Sud (Juda), le roi Omri, roi d'Israël construisit la ville et il en fit sa capitale. La ville est donc parfois utilisée comme synonyme pour parler du royaume du Nord (Osée 7 : 1).

La trente et unième année d'Asa, roi de Juda, Omri régna sur Israël. Il régna douze ans. Après avoir régné six ans à Thirtsa, il acheta de Schémer la montagne de Samarie pour deux talents d'argent ; il bâtit sur la montagne, et il donna à la ville qu'il bâtit le nom de Samarie, d'après le nom de Schémer, seigneur de la montagne. Omri fit ce qui est mal aux yeux de l'Éternel, et il agit plus mal que tous ceux qui avaient été avant lui.
2 Roi 16 : 23-25
1.2 Déportation

Elle a connu diverses attaques :

  • Ben-Hada, roi de Syrie (2 Roi 6 : 24)
  • Les Assyriens prirent la ville (2 Roi 17 : 5) et son peuple avec tout le royaume d'Israël fut déporté.
Il la prit au bout de trois ans, la sixième année d'Ézéchias, qui était la neuvième année d'Osée, roi d'Israël : alors Samarie fut prise.
Le roi d'Assyrie emmena Israël captif en Assyrie, et il les établit à Chalach, et sur le Chabor, fleuve de Gozan, et dans les villes des Mèdes, parce qu'ils n'avaient point écouté la voix de l'Éternel, leur Dieu, et qu'ils avaient transgressé son alliance, parce qu'ils n'avaient ni écouté ni mis en pratique tout ce qu'avait ordonné Moïse, serviteur de l'Éternel.
2 Roi 18 : 10-12

Remarquons que le royaume de Juda connut les mêmes conséquences avec les Babyloniens pour les mêmes raisons : désobéissance envers Dieu.

1.3 Mélange des religions

Par la suite, le roi d'Assyrie établit d'autres peuples dans la ville.

Le roi d'Assyrie fit venir des gens de Babylone, de Cutha, d'Avva, de Hamath et de Sepharvaïm, et les établit dans les villes de Samarie à la place des enfants d'Israël. Ils prirent possession de Samarie, et ils habitèrent dans ses villes.
2 Roi 17 : 24

L'Éternel fit en sorte que les juifs déportés reviennent dans leurs villes. Mais ces derniers n'ont jamais chassé les envahisseurs si bien que les cultes se sont mélangés :

ainsi ils craignaient l'Éternel, et ils servaient en même temps leurs dieux d'après la coutume des nations d'où on les avait transportés...
Ces nations craignaient l'Éternel et servaient leurs images ; et leurs enfants et les enfants de leurs enfants font jusqu'à ce jour ce que leurs pères ont fait.
2 Roi 17 : 33 & 41
1.4 Remarque

Le mélange des cultes à entrainer un mélange de culture. Les samaritains, juifs ordinaires par le passé, sont devenus des « moitiés juifs » : Moitié parce qu'ils n'ont jamais renié leurs origines tout en pratiquant le culte des Assyriens.

Ceci étant dit, il est important de comprendre que Dieu a toujours accepté le mélange des cultures, si le foyer adorait l'Éternel. Nous pouvons citer à titre d'exemple Ruth la Moabite qui s'est mariée avec Boaz, de la tribu de Juda. Ce couple devint les arrières grands-parents du roi David.

La différence entre le foyer formé par Ruth et Boaz et les samaritains, c'est que Ruth et Boaz adoraient le vrai Dieu. Ruth se converti devant Naomi, sa belle-mère juive, avant d'arriver en Israël :

Ruth répondit (à Naomi) : Ne me presse pas de te laisser, de retourner loin de toi ! Où tu iras j'irai, où tu demeureras je demeurerai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu ;
Ruth 1 : 16

2. Dans le Nouveau Testament 

2.1 Juifs et samaritains : divorce consommé

Les samaritains ont gardé un temps leur double culture : juive et païenne. Cela est incompatible avec le Dieu trois fois saint ; et il est donc normal d'après la Loi que les juifs coupent un temps toute relation avec eux.

Mais au temps de Jésus, il semblerait que les samaritains s'étaient de nouveau consacrés à l'Éternel, mais pour les juifs, cela n'avait aucune valeur : les juifs et les samaritains ont maintenu coupées toutes relations, bien qu'ils étaient frères de sang (Jean 4 : 9).

Non seulement ils n'avaient aucune relation, mais en plus les chefs religieux juifs du temps de Jésus avaient un très grand mépris vis-à-vis de ce peuple (Jean 8 : 48). Pour aller dans le Nord du pays, les juifs préféraient allonger leur trajet plutôt que de passer par la Samarie, région située en plein centre du pays...

Puisque Jérusalem les avait rejetés, alors ils ont choisi de servir Dieu sur le mont Garizim, et dans leur culte envers l'Éternel, ils n'ont gardé que le Pentateuque.

2.2 Juifs et samaritains : même histoire, même besoin

Il est remarquable de voir que l'histoire des juifs et des samaritains est identique :

  • Ils sont issus des patriarches : Abraham, Isaac et Jacob. Ils sont donc héritiers des mêmes promesses
  • Ils ont connu la Loi et ont échoué quant à sa pratique
  • Ils ont été exilé de force
  • Dieu dans sa grâce les a ramenés dans leurs terres respectives en attendant le Messie.

Oui, les juifs comme les samaritains avaient besoin du Messie pour être sauvés. Même si les chefs juifs religieux avaient un sentiment de supériorité, Jésus s'est évertué à montrer qu'Il était également venu pour eux :

  • Paraboles du bon Samaritain (Luc 10 : 30-35)
  • Le samaritain lépreux seul revint remercier Jésus (Luc 17 : 11-19)
  • L'histoire de la femme samaritaine et son village (Jean 4)
  • Jésus a bien précisé que l'Évangile sera prêché en Samarie (Actes 1 : 8)
2.3 La puissance de l'Évangile

Bien que le climat était électrique entre ses frères ennemis, il est remarquable de voir ce que le Messie peut faire dans les cœurs : l’amour fraternel des chrétiens était au-dessus de ce fort dissentiment. En effet, Philippe alla vers les samaritains pour leur annoncer la bonne nouvelle en Jésus-Christ (Actes 8 : 5-6).

Ouvrons une petite parenthèse : cela n'est pas sans rappeler ce qui se passe de nos jours par rapport à l'amour fraternel entre les chrétiens juifs et les chrétiens palestiniens. Là où la diplomatie humaine échoue, l'amour de Christ est plus que vainqueur. Il y a là-bas des vrais pardons, issue unique à cette impasse entre les deux peuples.

3. Carte de la Samarie

Carte de la Samarie