Actes 2 : 1-11

Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu.
Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis.
Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer.
Or, il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs, hommes pieux, de toutes les nations qui sont sous le ciel. Au bruit qui eut lieu, la multitude accourut, et elle fut confondue parce que chacun les entendait parler dans sa propre langue. Ils étaient tous dans l'étonnement et la surprise, et ils se disaient les uns aux autres :
Voici, ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ?
Et comment les entendons-nous dans notre propre langue à chacun, dans notre langue maternelle ?
Parthes, Mèdes, Élamites, ceux qui habitent la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont, l'Asie, la Phrygie, la Pamphylie, l'Égypte, le territoire de la Libye voisine de Cyrène, et ceux qui sont venus de Rome, Juifs et prosélytes, Crétois et Arabes,
comment les entendons-nous parler dans nos langues des merveilles de Dieu ?

Introduction

Le « parler en langue » est un sujet qui divise les églises évangéliques car certaines croient en sa pratique tandis que d'autres croient que c'était un signe seulement pour les premières années de la naissance de l'Église.

Pour enlever toute ambiguïté sur cet article, je crois que le « parler en langue » est le fait de pouvoir parler à/de Dieu dans une autre langue que l'hébreu. Donc, cela n'a rien à voir avec les prières composées de suites de syllabes incompréhensibles.

Comme pour toute démonstration biblique, il est important de l'expliquer sous l'angle de la bonne nouvelle en Jésus-Christ. Ainsi, nous verrons que ce qui s'est passé en Actes 2 correspond aux promesses faites à Abraham.

La promesse faite à Abraham

Dans le chapitre 11 de la Genèse, nous lisons que les ennemis de Dieu ont essayé de renverser sa souveraineté à Babel en essayant de l'atteindre par une tour mais dans sa toute-puissance, l'Éternel les a dispersés et a ainsi fait capoter leur plan.

Comment se fait-il que Dieu ne les ait pas jugés comme il venait de faire avec les contemporains de Noé ?
La raison est décrite dans la suite du récit : Dieu veut sauver les hommes et non les détruire.

Or, Il a voulu que Son salut soit dévoilé par un homme (Abraham) puis d'une nation (Israël).
L’Éternel dit à Abram : Va-t-en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction.
Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi.
Genèse 12 : 1-3

Ce que nous notons dans ce passage, c'est que le but ultime de Dieu est que toutes les nations soient bénies et pas seulement Israël.

Le choix d'Israël

Pour bien montrer que Dieu veut mettre à part du monde tous ceux qui auront foi en Lui, il a mis à part Abraham et sa descendance. C'est ainsi qu'Israël est devenu un peuple spécial :

(À eux) appartiennent l'adoption, et la gloire, et les alliances, et la loi, et le culte, et les promesses, et les patriarches, et de qui est issu, selon la chair, le Christ, qui est au-dessus de toutes choses, Dieu béni éternellement.
Romains 9 : 4-5

Jésus dira cela autrement :

le salut vient des Juifs. (Jean 4 : 22)

Conséquence du choix de Dieu

Que signifie « le salut vient des juifs » ou qu'à eux « appartiennent les alliances, les cultes... » ?
Cela signifie que pour pouvoir s'approcher de Dieu ou pour pouvoir recevoir son pardon, il fallait passer par le peuple élu avec leur façon de célébrer le culte et donc leur propre langue (l'hébreu ancien).

Cela fut vrai pour Rahab la prostituée par exemple. Pour s'approcher de Dieu, elle a dû abandonner sa culture cananéenne pour adopter la culture israélite.
Cela est encore plus flagrant pour Ruth, la Moabite qui embrassa la culture et le DIeu de sa belle-mère Naomi.

Naomi dit à Ruth : Voici, ta belle-soeur est retournée vers son peuple et vers ses dieux ; retourne, comme ta belle-soeur.
Ruth répondit : Ne me presse pas de te laisser, de retourner loin de toi !
Où tu iras j'irai, où tu demeureras je demeurerai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu ; où tu mourras je mourrai, et j'y serai enterrée.
Que l'Éternel me traite dans toute sa rigueur, si autre chose que la mort vient à me séparer de toi !
Ruth 1 : 15-16

En plus des cultes, de la culture... cela implique le seul moyen que Dieu agréé pour s'approcher de Lui est de Lui adresser la parole dans la langue hébraïque.

Jésus étend l'accès à Dieu

Dieu avait confié à son peuple le salut jusqu'à ce que le Messie vienne. Une foi que le Messie est entré dans son règne à sa résurrection, la première des choses qu'il a voulu faire est d'accomplir sa promesse à Abraham : que toutes les nations soient bénies.

Cela voulait dire que le salut n'était plus confié aux juifs, c'est-à-dire que l'accès à Dieu n'était plus confiné dans une culture donnée et donc une langue donnée.

En effet, Dieu avait par exemple promis d'opérer son salut à tout le monde :

Après cela, je répandrai mon esprit sur toute chair (Joël 3 : 28)

Le refus des premiers chrétiens

Les premiers chrétiens (apôtres et disciples) étaient tous juifs. Cela n'a donc pas été évident pour eux d'accepter l'idée que n'importe qui peut s'approcher de Dieu en faisant abstraction de la culture juive.
En effet, ils ont tous été éduqués dans l'idée que tout ce qui n'est pas juif est impur.

Mais Dieu a quand même voulu se servir d'eux pour propager sa Parole et a voulu leur forcer la main par un miracle.

En Actes 2, Dieu a permis que ces disciples parlent dans des merveilles de Dieu dans d'autres langues connues, même si eux n'avaient jamais appris ces langues :

et comment les entendons-nous dans notre propre langue à chacun, dans notre langue maternelle ?
Parthes, Mèdes, Élamites, ceux qui habitent la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont, l'Asie, la Phrygie, la Pamphylie, l'Égypte, le territoire de la Libye voisine de Cyrène, et ceux qui sont venus de Rome, Juifs et prosélytes,  Crétois et Arabes,
comment les entendons-nous parler dans nos langues des merveilles de Dieu ?
Actes 2 : 9-11

Dieu a ainsi montré que la promesse faite à Abraham est pleinement accomplie en Jésus-Christ.

Pour illustrer l'œuvre de Dieu dans le cœur des premiers chrétiens qui étaient tous israélites, nous pouvons nous rappeler la manière dont Dieu a encouragé Paul à entrer chez un païen, Corneille (Actes 10) : dans un songe, Dieu a demandé à Pierre de manger des aliments impurs.

Dieu voulait lui signifier qu'une nouvelle erre a démarré : Juifs et non-juifs peuvent former un seul et même peuple parce que Dieu a accompli la promesse qu'Il a faite à Abraham.

Le parler en langue

Le « parler en langue » a donc ces caractéristiques :

  • Il s'agit de langue connue au moins d'un peuple.
  • C'est un miracle donner par le Saint-Esprit : une personne se met à parler une langue qu'il ne comprend pas et qu'il n'a jamais apprise.
  • C'est un signe pour les juifs : les premiers chrétiens devaient comprendre que le Saint-Esprit se répand sur toutes les nations.

Cela amène quelques remarques :

  • La plupart des chrétiens ne sont pas juifs donc le « parler en langue » n'est plus nécessaire.
  • C'est un non-sens total de vouloir que tous les cultes sur terre se célèbrent dans une seule langue (Le latin par exemple). Cela revient à lier ce que le Saint-Esprit à délier !

Les dangers du parler en langue

Les dons temporaires de Dieu peuvent amener à diverses formes d’idolâtrie si nous les utilisons à mauvais escient.

Aujourd'hui, le « parler en langue » dans les églises évangéliques n'est jamais du Parthes, du Mèdes ou de l'Élamite... mais une succession de syllabes incompréhensibles. Les gens qui pratiquent cela pensent que cela vient du Saint-Esprit.

Or, il est facile de savoir si cela vient du Saint-Esprit ou non :

Bien-aimés, n'ajoutez pas foi à tout esprit ; mais éprouvez les esprits, pour savoir s'ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde.
Reconnaissez à ceci l'Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus Christ venu en chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n'est pas de Dieu, c'est celui de l'antéchrist, dont vous avez appris la venue, et qui maintenant est déjà dans le monde.
1 Jean 4 : 1-3

La question qu'il est bon de se poser est de savoir si ces langues inconnues parlent clairement de Christ ou non.

De plus, il faut savoir que le « parler en langue » tel que les églises contemporaines le pratique existe aussi chez les autres religions (catholicisme, islam, juif, religions orientales ....).
Au nom de ce faux « parler en langue », les mouvements œcuméniques et syncrétiques avancent à grands pas et éteignent le message de l'Évangile que les églises doivent prêcher.

Conclusion

Toute doctrine doit être étudiée dans le cadre du message de l'Évangile. Or, un aspect de ce message consiste à dire que nous pouvons tous nous approcher de Dieu tel que nous sommes, avec notre propre langue maternelle grâce à l'œuvre de Jésus-Christ.

Or, la pratique du « parler en langue » aujourd'hui n'a aucun lien avec la bonne nouvelle du royaume : la preuve est qu'il se pratique dans toutes les autres religions.

Comprenons donc la beauté du texte de Actes 2 :
Toutes les nations sont bien bénies à l'image d'Abraham le croyant.

Même si les juifs ne voulaient pas l'admettre au début à cause de leur éducation, ils l'ont quand même accepté suite au miracle du « parler en langue ».

De nos jours, il est difficile de réaliser le choc que cela représentait pour ces premiers chrétiens juifs de faire un pas vers les non-juifs. Je vous invite à (re)lire Actes 10 et 11 pour voir comment Dieu à aider Ses enfants à grandir dans ce sens. Cette notion est reprise dans le verset qui suit où Paul parle des chrétiens d'origine juive et des chrétiens d'origine non-juive :

Car Jésus-Christ est notre paix, lui qui des deux n'en a fait qu'un, et qui a renversé le mur de séparation, l'inimitié, ayant anéanti par sa chair la loi des ordonnances dans ses prescriptions, afin de créer en lui-même avec les deux un seul homme nouveau, en établissant la paix, et de les réconcilier, l'un et l'autre en un seul corps, avec Dieu par la croix, en détruisant par elle l'inimitié.
Éphésiens 2 : 14-16