1 Corinthiens 10 : 1-14

Frères, je ne veux pas que vous ignoriez que nos pères ont tous été sous la nuée, qu'ils ont tous passé au travers de la mer, qu'ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer, qu'ils ont tous mangé le même aliment spirituel, et qu'ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ.
Mais la plupart d'entre eux ne furent point agréables à Dieu, puisqu'ils périrent dans le désert. Or, ces choses sont arrivées pour nous servir d'exemples, afin que nous n'ayons pas de mauvais désirs, comme ils en ont eu.
Ne devenez point idolâtres, comme quelques-uns d'eux, selon qu'il est écrit : Le peuple s'assit pour manger et pour boire ; puis ils se levèrent pour se divertir.
  • Ne nous livrons point à l'impudicité, comme quelques-uns d'eux s'y livrèrent, de sorte qu'il en tomba vingt-trois mille en un seul jour.
  • Ne tentons point le Seigneur, comme le tentèrent quelques-uns d'eux, qui périrent par les serpents.
  • Ne murmurez point, comme murmurèrent quelques-uns d'eux, qui périrent par l'exterminateur.
Ces choses leur sont arrivées pour servir d'exemples, et elles ont été écrites pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin des siècles.
Ainsi donc, que celui qui croit être debout prenne garde de tomber !
Aucune tentation ne vous est survenue qui n'ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d'en sortir, afin que vous puissiez la supporter.
C'est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l'idolâtrie.

Introduction

Notre passage du jour est un extrait de la lettre de l'apôtre Paul qui s'adresse à l'église de Corinthe.

Bien que nous soyons au chapitre 10, il commence ce nouveau paragraphe par leur rappeler qu'il s'adresse à des frères, c'est-à-dire à des personnes qui se sont repenties de leurs péchés et qui ont proclamé publiquement leur appartenance à Christ en passant par les eaux du baptême.

Paul lance donc un avertissement solennel aux chrétiens. Il veut que nous comprenions bien que le baptême n'est pas une fin en soi mais le début d'une nouvelle vie où Dieu veut que nous grandissions.

Paul prend l'exemple du drame qui s'est passé avec le peuple de Dieu quand ils furent libérés de l'esclavage de l'Égypte :
Certaines personnes pensaient que le repos les attendait de l'autre côté de la mer rouge. Ils voulaient donc se poser, faire la fête... sans se soucier de Dieu.
Ils ont ainsi quitté un mauvais maître pour un autre : ils ont quitté l'esclavage de Pharaon (maître visible extérieur à eux-mêmes) pour se livrer à leurs propres convoitises (maître invisible intérieur d'eux-mêmes).
C'est comme si une personne qui a été délivrée de la drogue se met sous l'esclavage de l'alcool et qu'elle se dise : qu'est-ce que c'est bien de ne plus être esclave de la drogue !
Même si ce n'est pas le même maître, il y a les mêmes ravages dans les vies avec la même fin : la mort.

Il est écrit :

de même donc que vous avez livré vos membres comme esclaves à l'impureté et à l'iniquité, pour arriver à l'iniquité, ainsi maintenant livrez vos membres comme esclaves à la justice, pour arriver à la sainteté.
Romains 6 : 19

Faisons attention de ne pas quitter l'esclavage du péché sans pour autant se mettre sous la Seigneurie de Dieu : cela s'appelle l’idolâtrie car tout ce qui prend la place de Dieu est considéré comme une idole.

Ainsi, juste après le baptême, ne soyons pas surpris de connaître un temps d'épreuves comme Jésus Lui-même a connu un temps de désert pour être éprouvé juste après son propre baptême.
Le repos viendra après le retour de Christ. Mais en attendant, pour chacun de ces combats, la bonne nouvelle est que Jésus a préparé une porte de secours parce que le but ultime est que le chrétien grandisse, que chaque jour, il apprenne à prendre position comme au premier jour de son baptême.

1. La traversée de la mer rouge

Paul va faire le parallèle entre le baptême et la traversée de la mer rouge.

Avant de plonger dans le vif du sujet, il est donc incontournable de faire le lien entre la libération de l'esclavage des Égyptiens que les Hébreux ont vécu par la main de Moïse et la libération du péché que le chrétien a vécu grâce à Jésus-Christ.

1.1. La libération

La première étape importante était d'obliger le pharaon à lâcher sa main-mise sur le peuple.
Après les dix plaies d'Égypte, le roi égyptien se résigna et laissa partir le peuple pour adorer l'Éternel. Cette victoire a été ponctuée par la célébration de la première pâque.

De même, le jour de la célébration de la pâque, Jésus a vaincu Satan lors de sa crucifixion :

  • Jésus a subi la justice de Dieu à notre place si bien que la condamnation qui nous séparait de Dieu n'est plus.

  • Dit autrement, Jésus a payé la rançon pour nous racheter de notre ancien maître.

Ainsi, avec la célébration de la première pâque, le peuple devint une assemblée d'adorateurs du vrai Dieu. De même, la conversion correspond à la première fois qu'un pécheur se réfugie par la foi dans l'œuvre de Jésus-Christ pour devenir à son tour un adorateur en esprit et en vérité.

1.2. Le peuple quitte pour toujours le pays d'Égypte

Après avoir célébré la pâque, le peuple a quitté de manière définitive le pays où ils étaient esclaves. Cela s'est manifesté par la mer qui s'est ouverte devant eux et qui s'est refermée après que le dernier hébreu soit passé.

De même, Dieu a voulu que le chrétien illustre son changement de vie par la baptême. L'immersion rappelle donc que les hébreux ont pris un chemin à sens unique.

Retenons bien que la conversion a eu lieu avant le baptême. En effet, les Hébreux ont célébré la première pâque avant la traversée de la mer rouge.

1.3. Après la mer rouge

Remarquons un point important à soulever : en traversant la mer rouge, les Hébreux sont entrés dans le désert, et non dans le pays promis.

Pourquoi ?
En Égypte, Dieu a fait ce qu'aucun esclave ne pouvait faire : se libérer de son maître. De l'autre côté de la mer rouge, Dieu veut que son peuple grandisse et pour cela, Il va permettre qu'ils soient éprouvés.

De même, avant le baptême, Dieu nous prend par la main à l'image d'un nouveau-né qui est pris en charge par sa mère. Après le baptême, il permet que nous vivions des épreuves pour éprouver notre foi en vue de la purifier.

Le mot d'ordre dans le désert était de fuir l'idolâtrie, c'est-à-dire ne pas permettre que quoi que ce soit vienne prendre la place de la Seigneurie de Dieu dans nos vies.

Le mot d'ordre durant l'attente de son retour de Jésus toujours de fuir l’idolâtrie, c'est-à-dire ne pas permettre à quoi que ce soit de prendre la place de Sa Seigneurie dans notre vie.

Voyons trois cas de figure où nous sommes tentés d'enlever Jésus de sa place de maître absolu dans nos vies.

1. L'impudicité

Verset 8 : Ne nous livrons point à l'impudicité, comme quelques-uns d'eux s'y livrèrent, de sorte qu'il en tomba vingt-trois mille en un seul jour.

Ce verset fait référence à ce qui s'est passé dans le désert pour les Hébreux :

Israël demeurait à Sittim ; et le peuple commença à se livrer à la débauche avec les filles de Moab. Elles invitèrent le peuple aux sacrifices de leurs dieux ; et le peuple mangea, et se prosterna devant leurs dieux. Israël s'attacha à Baal Peor, et la colère de l'Éternel s'enflamma contre Israël.
Nombres 25 : 1-3
1.1. Contexte
  • Le peuple est en route pour le pays promis.

  • Dieu les a protégés de leurs ennemis.

  • Ici c'est le roi Barak qui avait employé les services du prophète Balaam.

  • Balaam tenta de les maudire mais ne réussit pas.

  • Deuxième tentative : Balaam a décidé de les inciter à la débauche.

  • Ce coup-ci, il réussit à atteindre le peuple : la débauche a pris la place de Dieu dans le cœur des Hébreux.

  • La colère de Dieu s'enflamma → 24.000 personnes moururent.

  • Le peuple de Dieu a dû se repentir : ils devaient se séparer avec ceux qui ont péché.

1.2. Parallèle pour le chrétien
  • Nous sommes comme des étrangers et des voyageurs sur cette terre.

  • Dieu nous protège de nos ennemis.

  • Nous avons l'assurance du salut parce que nous ne pouvons plus être maudits.

  • Mais, nous ne sommes pas à l'abri des convoitises charnelles, forme d'idolâtrie.

  • Si nous chutons, le seul issu est la repentance :

    Faites donc mourir les membres qui sont sur la terre, l'impudicité, l'impureté, les passions, les mauvais désirs, et la cupidité, qui est une idolâtrie. (Colossiens 3 : 5).
1.3. Les armes que Jésus propose aux chrétiens pour lutter
Dans ces moments délicats, la Bible nous donne des pistes claires pour ne pas succomber à la tentation :
  • La Parole nous ordonne de marcher par l'Esprit et non par la chair :

    Un des fruits de l'Esprit est la maîtrise de soi → Par son Saint-Esprit, Dieu nous garde dans la lucidité de sa vérité : le bonheur n'est pas la débauche.

  • Dans d'autres cas, la solution est de fuir (exemple : Joseph devant la femme de Potiphar)

  • Dans d'autres situations encore, le mariage est une bonne solution. Plutôt que d'avoir des combats inutiles, il vaut mieux se marier selon la volonté du Seigneur.

Dans tous les cas, si nous nous appuyons soyons sûrs que nous pouvons fuir l'idolâtrie.

2. L'impatience

Verset 9 : Ne tentons point le Seigneur, comme le tentèrent quelques-uns d'eux, qui périrent par les serpents.

Ce verset fait référence à ce qui s'est passé dans le désert pour les Hébreux :

ils partirent de la montagne d’Hor par le chemin de la mer Rouge, pour contourner le pays d'Édom.
Le peuple s'impatienta en route,  et parla contre Dieu et contre Moïse :
Pourquoi nous avez-vous fait monter hors d'Égypte, pour que nous mourions dans le désert ? car il n'y a point de pain, et il n'y a point d'eau, et notre âme est dégoûtée de cette misérable nourriture.
Alors l'Éternel envoya contre le peuple des serpents brûlants ; ils mordirent le peuple, et il mourut beaucoup de gens en Israël.
Nombres 21 : 4-6
2.1. Contexte
  • Le peuple est encore en route pour le pays promis.

  • Ils sont confrontés au roi Arad et ils gagnent la guerre.

  • Ils sont ensuite confrontés aux Edomites, mais Dieu leur demande de les contourner (Deutéronome 2 : 1-5)

  • Leur marche est pénible parce que c'est un désert aride et montagneux.

  • Le peuple se lamente sur ce qu'il voit : l’impatience a pris la place de la foi en Dieu.

  • La colère de Dieu s'enflamma : → beaucoup de personnes moururent mordues par les serpents.

  • La repentance : regarder le serpent d'airain pour être guéri.

2.2. Parallèle pour le chrétien
  • Nous sommes tels des étrangers et des voyageurs sur cette terre.

  • Dieu nous protège de nos ennemis : parfois nous voyons de grandes victoires.

  • Nous ne sommes pas à l'abri de marcher selon ce que nous voyons, ce qui est une forme d'idolâtrie parce que notre vision du monde a pris la place de la foi en Dieu.

  • Si telle est notre situation, nous avons vite besoin de repentance : regarder de nouveau à Jésus-Christ.

2.3. La sortie que Jésus propose

Le but de Dieu n'est pas que nous échouons mais que nous avançons :

  • Marcher par la foi de ce qu'on connait de Dieu et non par la vue.

  • Il faut aussi être prompt à se taire tel Job qui a fini par grandir dans sa foi et s'exclama à la fin de son épreuve :

    Mon oreille avait entendu parler de toi ; Mais maintenant mon œil t'a vu. C'est pourquoi je me condamne et je me repens Sur la poussière et sur la cendre. (Job 46 : 5-6)

Ainsi, ne laissons pas les circonstances éteindre notre confiance en Dieu !

3. Les murmures

Verset 10 : Ne murmurez point, comme murmurèrent quelques-uns d'eux, qui périrent par l'exterminateur.

Ce verset fait référence à ce qui s'est passé dans le désert pour les Hébreux :

Nombres 16 : 1-3 & 41-45
3.1. Contexte
  • Le peuple est toujours en route pour le pays promis.

  • À plusieurs reprises, il y a eu dans le peuple de la jalousie envers Moïse et Aaron.

  • Ce coup-ci, c'est Koré qui mène la rébellion.

  • Dieu Lui-même a puni cette révolte.

  • Mais dès le lendemain, une autre révolte prit forme avec pour accusation : Vous faites périr le peuple !

  • Le peuple laissa parler ce qu'il avait dans le cœur depuis longtemps : la jalousie a pris la place de l'amour fraternel.

  • La colère de Dieu s'enflamma → 14.7000 personnes moururent.

  • Cela s'arrêta quand Moïse et Aaron intercédèrent.

3.2. Parallèle pour le chrétien
  • Nous sommes tels des étrangers et des voyageurs sur cette terre.

  • Dieu nous protège de nos ennemis et veut travailler notre cœur.

  • Nous ne sommes pas à l'abri des murmures, forme d'idolâtrie car cela enlève la souveraineté de l'amour de Dieu dans notre cœur.

  • Ainsi, si nous sommes dans cette situation, nous avons besoin de venir rapidement à la repentance : crier pour que Jésus-Christ intervienne pour nous.

3.3. La sortie que Jésus propose

Le but de Dieu est de transformer notre cœur contre ses réflexes humains (contester à longueur de journée) :

  • Qu'est-ce qu'un murmure ?
    Entretenir dans son cœur le rejet de la royauté de Dieu (verset 13) avec le désir caché de devenir soi-même le chef.

  • Comment les contrer ?

    • Ne parlez point mal les uns des autres, frères. (Jacques 4 : 11)

    • Frères, vous avez été appelés à la liberté, seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair ; mais rendez-vous, par la charité, serviteurs les uns des autres. (Galates 5 : 13)

    • Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ.
      (Galates 6 : 2)

Conclusion

Après son baptême, Jésus a été tenté dans trois domaines :

  • La convoitise de la chair.
  • La convoitise des yeux.
  • L'orgueil de la vie.

Après en être sorti victorieux, il a pleinement commencé son ministère.

Comme le chrétien suit son Seigneur, il est normal qu'il passe aussi par le même chemin. Après son baptême, il connaîtra des tentations qui appartiendront à l'un de ces trois domaines :

  • L'impudicité : convoitise de la chair.
  • L'impatience : convoitise des yeux.
  • Les murmures : orgueil de la vie.

Si nous avons succombé à l'une de ces tentations, n'oublions que la porte de sortie est la repentance. Cette porte est exactement la même que celle que nous avons prise le jour de notre baptême.

Au reste, travaillons à notre salut et glorifions le Seigneur de ce qu'Il fait dans nos vies.

Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus Christ.
Philippiens 1 : 6