Les prières de ma pieuse mère semblaient perdues pour moi. Je croyais bien qu’il y a un Dieu, mais l’idée que je me faisais de lui était obscure et vide.

Et cependant j’élevais mes enfants dans la foi chrétienne, parce que je ne pouvais me dissimuler l’importance de son rôle dans le développement moral. J’avais observé qu’un nombre effrayant de jeunes gens deviennent les misérables victimes de leurs passions lorsque la crainte de Dieu n’a plus de place en eux.

Un soir, ma femme dit : « Théodore a été très sot aujourd’hui » et me raconta sa désobéissance. Je lui fit une sérieuse réprimande et l’envoyai au se coucher. Après quelques instants, il se mit à sangloter. J’allai vers lui et je lui demandai :
- Pourquoi pleures-tu ?

Après un moment il me dit :
- Papa,... les anges !...
- Eh bien, quoi ?
- Les anges l’ont écrit... sur le livre... de Dieu ?

Et il reprit ses sanglots.
- Oui certainement, ils écrivent toujours quand un enfant désobéit à sa mère.
- Papa, est-ce que... cela... ne peut plus... s’effacer ? J’étais très ému du repentir de mon enfant.
- Oui, lui dis-je, la vilaine histoire de ta désobéissance peut être effacée. Mais il faut que tu…
- Ah ! Papa, que dois-je faire ?
- Il faut que tu pries Dieu qu’il te pardonne tes péchés.
- Oh! oui papa, je veux le faire. Faut-il que je mette à genoux ?
- Oui mon enfant…

D’un saut il fut hors du lit. Après un instant de réflexion, il continua :
- Papa, je crois que ce serait mieux si tu priais avec moi. Dieu me pardonnera plus vite.

Malgré l’étrangeté de la chose, je m’agenouillai à côté de lui.
- À présent, papa, prie pour moi. Je priais donc, mais avec quelles impressions !

Après avoir dit amen, nous nous relevâmes tous deux et l’enfant me demanda :
- Papa, es-tu sûr que c’est maintenant tout effacé ?
- Oui mon enfant.
- Avec quoi est-ce que les anges l’ont effacé ? Est-ce que c’est avec une éponge ?
- Non Théodore, c’est avec le sang de notre Sauveur.