1 Jean 2 : 7-11

Bien-aimés, ce n'est pas un commandement nouveau que je vous écris, mais un commandement ancien que vous avez eu dès le commencement ; ce commandement ancien, c'est la parole que vous avez entendue. Toutefois, c'est un commandement nouveau que je vous écris, ce qui est vrai en lui et en vous, car les ténèbres se dissipent et la lumière véritable paraît déjà.
Celui qui dit qu'il est dans la lumière, et qui hait son frère, est encore dans les ténèbres. Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et aucune occasion de chute n'est en lui.
Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres, il marche dans les ténèbres, et il ne sait où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux.

Introduction

Dans ses Écrits, l'apôtre Jean fait des nettes distinctions dans divers domaines, ce qui laisse au final uniquement deux camps. Soit nous sommes du côté de Dieu, soit nous sommes de l'autre. Il n'y a pas une position neutre, ni une position intermédiaire et encore moins la position nuancée.

Parmi ces domaines qui comporte que deux réalités, il y a celui du salut :

  • Soit nous savons que nous serons pour toujours avec Jésus-Christ dans le paradis de Dieu.
  • Soit nous serons pour toujours avec Satan en enfer.

Seulement, Jean nous prévient qu'il ne suffit pas de dire « je suis sauvé » pour être sauvé de la géhenne. Il faut avoir des garanties solides qui montrent que Dieu a bien transformé notre cœur au point que nos œuvres Lui soient agréables.

Parmi ces nombreuses preuves, il y en a une qui arrive en premier : aimer les frères, c'est-à-dire avoir une vive affection pour ceux qui ont connu Jésus de Nazareth comme leur seigneur et leur sauveur.

Donc :

  • Soit nous aimons les frères (amour, pardon, patience, dire du bien...), ce qui est une manifestation du salut.
  • Soit nous ne sommes pas sauvés.

Nous allons donc voir que l'amour est une expression du salut depuis longtemps. Mais, à cause du péché, cette notion s'est diluée. Jésus a donc dû l'expliciter si bien qu’« aimer » est à la fois un ancien commandement et aussi un nouveau.

1. Commandement ancien

Pour comprendre le « commandement nouveau », il est nécessaire de voir le « commandement ancien ». Celui qui est rapporté dans les Écrits de Moïse :

Tu ne haïras point ton frère dans ton cœur ; tu auras soin de reprendre ton prochain, mais tu ne te chargeras point d'un péché à cause de lui. Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l'Éternel.
Lévitique 19 : 17-18

Que disait la Loi ?

Elle disait que lorsque nous constaterons le péché de notre frère, nous devons prendre garde aux points suivants :

  • Ne pas le haïr.
  • Lui faire remarquer son péché.
  • Faire attention de ne pas chuter avec lui.
  • Ne pas se venger si nous sommes lésés.
  • De plus, l'aimer en toute circonstance.

La raison pour laquelle Dieu énonce cette recommandation est mentionnée à la fin de verset : Il est l'Éternel.

En effet, comme Il est l'Éternel, c'est à Lui que reviennent les prérogatives ci-dessous :

  • Le jugement : condamnation éternelle dans notre cœur (haine).
  • L'application de la sentence, c'est-à-dire la vengeance.

À plusieurs reprises, Dieu rappellera cette vérité :

à moi la vengeance et la rétribution (Deutéronome 32 : 35)

Par contre, face aux péchés de notre prochain, nous avons trois exhortations :

  • Le reprendre, c'est-à-dire l'encourager à revenir à Dieu.
  • Prendre garde à ne pas tomber avec lui dans sa chute.
  • L'aimer de tout notre cœur.

Ainsi, toute forme de jugement appartient à Dieu et notre part est d'aimer, c'est-à-dire chercher le bien de l'autre en lui rappelant les vérités concernant Dieu.

La plus grande vérité que nous devons rappeler par amour est cette Parole de l'Éternel :

car je ne désire pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l'Éternel. Convertissez-vous donc, et vivez.
Ézéchiel 18 : 32

2. Les ténèbres

La Loi de Dieu est bonne et parfaite. Mais, à cause du péché, Elle est devenue obscure aux yeux des hommes. À cause du rejet de Dieu, les hommes sont semblables à des randonneurs égarés dans la nuit avec un épais brouillard.

En effet, le prophète Ésaïe avait averti en ces termes ceux qui abandonnaient Dieu :

si l'on vous dit : Consultez ceux qui évoquent les morts et ceux qui prédisent l'avenir, Qui poussent des sifflements et des soupirs, Répondez :
Un peuple ne consultera-t-il pas son Dieu ? S'adressera-t-il aux morts en faveur des vivants ?
À la loi et au témoignage ! Si l'on ne parle pas ainsi, Il n'y aura point d'aurore pour le peuple. Il sera errant dans le pays, accablé et affamé ; Et, quand il aura faim, il s'irritera, Maudira son roi et son Dieu, Et tournera les yeux en haut ; Puis il regardera vers la terre, Et voici, il n'y aura que détresse, obscurité et de sombres angoisses : Il sera repoussé dans d'épaisses ténèbres.
Ésaïe 8 : 19-22

Dès l'instant où Dieu n'est plus la référence, le peuple s'égarera dans la détresse et passera son temps à maudire tout le monde. Il dira même du mal de Dieu !

La conséquence du règne des ténèbres est le repli sur soi-même, condition optimum pour faire naître dans le cœur l'égoïsme, l'égocentrisme, le nombrilisme...

Dans des cas pareils, il est normal que le commandement d'aimer soit totalement oublié.

3. La lumière

Heureusement pour nous que le livre d'Ésaïe continue avec le chapitre 9 ! En effet, nous pouvons lire :

Mais les ténèbres ne régneront pas toujours Sur la terre où il y a maintenant des angoisses ... car un enfant nous est né, un fils nous est donné, Et la domination reposera sur son épaule ; On l'appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix.

La bonne nouvelle est que les épaisses ténèbres ne règneront pas toujours parce qu'un jour, un enfant naîtra et apportera la lumière. Et pour cause, cet enfant qui naîtra sera appelé, entre autres, Dieu puissant.

Le prophète avait déjà parlé de cet enfant deux chapitres auparavant :

C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, Voici, la vierge deviendra enceinte, elle enfantera un fils, Et elle lui donnera le nom d'Emmanuel.
Ésaïe 7 : 14

4. Jésus, lumière du monde

Cette prophétie sera pleinement accomplie par Jésus de Nazareth, selon qu'il est écrit :

Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus Christ. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte, par la vertu du Saint Esprit, avant qu'ils eussent habité ensemble.
Joseph, son époux, qui était un homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de rompre secrètement avec elle. Comme il y pensait, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit :
Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l'enfant qu'elle a conçu vient du Saint Esprit ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ; c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. Tout cela arriva afin que s'accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète :
Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d'Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous.
Joseph s'étant réveillé fit ce que l'ange du Seigneur lui avait ordonné, et il prit sa femme avec lui. Mais il ne la connut point jusqu'à ce qu'elle eût enfanté un fils, auquel il donna le nom de Jésus.
Matthieu 1 : 18-25

Dans son Évangile, l'apôtre Jean dira ceci en parlant de la venue de Jésus dans le monde :

Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme.
Jean 1 : 9

Cela signifie que Jésus éclairera toutes les Lois de Dieu, notamment celle concernant l'amour envers son prochain. Et c'est pour cela que Jésus a dit :

Vous avez appris qu'il a été dit :
Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi.
Mais moi, je vous dis :
Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains aussi n'agissent-ils pas de même ?
Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens aussi n'agissent-ils pas de même ?
Matthieu 5 : 38-47

5. Commandement nouveau

Nous voyons donc que l'enseignement des chefs religieux était tellement obscurci que Jésus a dû apporter des précisions. Et par rapport à l'amour pour son prochain, Jésus dira en plus :

je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres.
Jean 13 : 34

Ce verset est important parce que Jésus nous demande d'aimer comme Lui nous a aimés.

Autrement dit, celui qui n'aime pas son frère comme Jésus a aimé s'explique simplement par le fait que la personne n'a en réalité jamais connu l'amour de Jésus-Christ et par conséquent, elle est encore dans l’obscurantisme de ses péchés.

En effet, si nous avons reçu l'amour de Jésus-Christ, nous avons été aimés de la manière suivante :

  • Nous n'avons pas été haïs mais accueillis.
  • Nous avons été convaincus de péchés.
  • Jésus n'a pas été entrainé dans notre péché mais il est resté juste en toute chose.
  • Jésus ne s'est pas vengé, mais au contraire, il nous a fait grâce en prenant notre place sur la machine de mort (la croix).
  • Nous avons été aimés, et cet amour durera pour l'éternité.

Jésus a parfaitement accompli la Loi. Or, il est important de remarquer qu'en accomplissant parfaitement la Loi, nous en sommes les premiers bénéficiaires car sinon, Dieu aurait accompli pour nous la Loi qui consiste à nous juger et nous condamner à cause de nos péchés.

Conclusion

En lisant la Bible, nous comprenons donc que celui qui a reçu l'amour de Jésus-Christ est forcément prompt à le répandre autour de lui.

C'est pour cela que l'apôtre Jean est radical : si nous n'aimons pas notre frère, nous sommes dans les ténèbres. Cela s'explique par le fait que nous ne pouvons pas donner ce que nous n'avons pas reçu.
Si nous voyons dans les églises locales des personnes qui persévèrent dans la rancune, la jalousie, la haine, la calomnie... plusieurs passages dans la Parole de Dieu nous exhortent à couper la communion fraternelle et à les considérer comme un non-chrétien (Tite 3 : 10, 1 Corinthiens 5 : 4-5...).

Notons encore que l'amour ne va pas de soi pour un vrai chrétien car sa chaire le tire encore vers le bas. Mais, la bonne nouvelle en Jésus-Christ est la suivante :

Or, l'espérance ne trompe point, parce que l'amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous a été donné.
Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies. A peine mourrait-on pour un juste ; quelqu'un peut-être mourrait-il pour un homme de bien.
Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous.
À plus forte raison donc, maintenant que nous sommes justifiés par son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère. Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie.
Romains 5 : 5-10

L'amour que Jésus nous a manifesté alors que nous étions encore ses ennemis est abondamment rependu dans notre cœur.

Ainsi, chers frères et sœur en Christ, ne nous lassons pas d'aimer, de pardonner et de bichonner les élus de Dieu parce que grâce à la lumière que Jésus nous a apportée, nous sommes capables d'aimer comme Dieu nous a aimés.