L'âme humaine est semblable à ce grand bateau que portent les flots. Toute une par e du navire émerge, est visible ; c'est celle du pont, des cheminées, des mâts et des voiles. L'autre plonge dans l'eau. Elle contient les machines, le charbon, les vivres, les marchandises, les richesses. Située au-dessous de la ligne de floraison, elle est invisible.

Or il importe que le capitaine la surveille avant tout. Car c'est d'elle que dépend la sécurité du navire. Le sous-marin qui rôde pour le détruire cherche à l'atteindre, et à y provoquer la fissure par où l'eau s'engouffrera dans ses flancs, éteindra les feux de ses machines, et le fera sombrer.

Insensé serait le capitaine qui surveillerait et soignerait avant tout ce qui se voit de son bateau, et n'aurait que la préoccupa on de le voir briller au soleil.

Insensé, de même, celui qui ne soigne, de sa vie, que ce que les hommes en aperçoivent, les actes et les paroles, et qui ne prend pas un soin constant, n'exerce pas une surveillance assidue sur ses pensées secrètes, ses sentiments in mes, les désirs de son cœur.

Si tu ne veux pas faire naufrage, veille sur ce que les hommes ne voient pas ; entretiens le foyer caché de ta vie de pensées nobles et de visions pures.

Garde ton cœur plus que toute autre chose, car c'est de lui que procèdent les sources de la vie.
Proverbes 4 : 23